09.08.2007

Ce jour où j'ai su que tu étais bien là...

Oui, te voilà...

 

 

Toi que j'ai tant attendu, toi qui me semblais parfois être un rêve impossible à atteindre, te voilà niché dans mon ventre...

 

Et pourtant, malgré ce désir profond, cette journée du 4 juillet fut la plus stressante de ma vie...

 

Cela faisait quelques jours que j'avais des « doutes ». Déjà, je savais que ton papa avait pris des risques (son inconscient lui a sans doute joué des tours) et que même si les chances étaient limitées, elles existaient. Et très vite, j'ai eu des symptômes que je n'avais jamais eus auparavant. Quelques nuits après ta création, j'ai eu des nausées très importantes, et il m'était impossible de rester sur le ventre (oui, ta maman aime dormir sur le ventre, chose qui lui sera impossible très vite, petit monstre !). Ca m'a mis la puce à l'oreille. Les nausées ont continué toute la journée suivante.

 

Ensuite, j'ai eu quelques crampes dans le ventre, et puis surtout, une température qui est restée haute plus longtemps que d'habitude. Et aussi un signe quand même important : les tubercules de Montgomery (sortes de petites boules autour des mamelons)...

 

Bref, plus les jours passaient, plus le stress montait : je te voulais mais je ne savais pas si ton papa te voudrait aussi. Il est déjà papa de trois enfants (eh oui, tu as un grand frère qui aura 13 ans à ta naissance, et deux grandes soeurs qui auront 9 et 7 ans) et même s'il ne voulait pas me priver du bonheur de devenir mère, il tardait vraiment à se décider pour toi. En plus, je travaille dans la garde d'enfants et suite au déménagement de la famille dont je m'occupais depuis plus d'un an, je devais trouver de nouveaux employeurs. J'avais décroché un entretien le vendredi 29 juin alors que j'avais déjà une intuition forte de ta présence en moi. J'ai appris que j'étais engagée le lundi suivant, et je suis allée signer mon contrat ce fameux mercredi 4 juillet, avec dans mon sac les résultats de ma prise de sang que je n'avais même pas osé regarder. Je commence le 13 août. Croise tes doigts minuscules avec moi, petit DianoPhilou, pour que mes nouveaux patrons prennent ma grossesse avec philosophie et acceptent de me garder...

 

Ce 4 juillet, donc, sous la pression énorme de mes copines les ZZ sur Docti, je me suis décidée à aller faire cette prise de sang. Depuis 14 jours, ma température était haute, donc il était temps de vérifier si mes doutes et espoirs étaient fondés. Je me suis rendue au labo, la dame qui m'a piquée m'a fait mal, je devais déjà être tendue car en principe, je n'ai aucun problème avec les piqûres. Résultat à 17h, début de la montée du stress...

 

Toute la journée, j'ai cogité comme jamais : que va-t-il se passer si je suis enceinte ? Comment Phil réagira-t-il ? Comment je ferai pour le boulot ? Et si je ne suis pas enceinte, ne serai-je pas trop abattue ?

 

En plus, le midi, ton papa est rentré très renfermé, avec sa tête des mauvais jours. Je lui avais envoyé un texto pour lui dire que j'avais fait la prise de sang. J'hésitais à la faire ce jour-là car c'était sa grosse journée de boulot du mois, et je sais très bien qu'il est à prendre avec des pincettes dans ces cas-là. Et d'un autre côté, le 4 juillet, c'est l'anniversaire de Nathalie, et Nath est une personne très importante dans notre vie. C'est elle qui s'est dit qu'on irait bien ensemble, ton papa et moi, en nous rencontrant tous deux sur un site internet, et c'est elle qui nous a poussés à discuter. Et c'est même chez elle, dans la maison qu'elle avait louée pour les vacances, que notre histoire a commencé, il y a 5 ans, le jour... de la Saint-Nathalie ! Bref, j'avais l'occasion de faire ma prise de sang ce jour-là, je l'ai saisie.

 

J'ai fait passer mon stress en discutant beaucoup sur le forum avec les ZZ. Merci à elles d'ailleurs pour leur présence enthousiaste et rassurante... J'ai décidé que j'irai chercher les résultats juste avant de partir pour la signature de mon contrat (j'avais rendez-vous vers 19h). Je ne savais pas encore si je regarderai les résultats ou si je les garderai pour plus tard, histoire de ne pas cogiter encore plus à mon rendez-vous.

 

Quand je suis sortie de chez moi, j'avais le sentiment d'être un zombie. Je suis arrivée devant le labo au sommet de mon stress, il a même fallu que je m'arrête pour respirer un grand coup. Ma plus grande peur : que la fille de l'accueil me dise avec un grand sourire « Félicitations ! » ou bien que le résultat ne soit pas protégé par une enveloppe, bref, que je n'aie pas le choix. Eh bien non, on m'a demandé mon nom, on a cherché mes résultats, ils étaient bien dans une enveloppe, et sans aucune hésitation, je l'ai glissée dans mon sac et elle n'a plus bougé de là jusqu'à mon retour à la maison.

 

Je suis allée signer mon contrat à peu près zen, le stress a commencé à descendre juste après ma décision de ne pas savoir. Ensuite, j'ai appelé ton papa pour voir si on pouvait se rejoindre et rentrer ensemble, mais il avait encore du boulot (au final, il est rentré 10 minutes après moi, dommage !). Il a fini par me demander « Et ton analyse de sang, alors ? », et je lui ai dit que je n'avais pas osé regarder et qu'on verrait ça ensemble. Il m'a traitée de patate (tu verras, tu entendras sans doute ce mot très souvent !), il avait l'air plus détendu, et ça m'a rassurée...

 

Une fois à la maison, le stress a recommencé à monter. J'ai posté chez les ZZ, qui s'impatientaient, pour dire que je n'avais toujours pas regardé les résultats, que j'attendais le retour de Phil... C'est là qu'il est rentré. Je me suis affalée sur le canapé, histoire de me relaxer un peu. Il est monté, on a discuté de tout et de rien (discussion de gens stressés qui essaient de se détendre !), j'ai sorti l'enveloppe de mon sac, je l'ai posée sur la table basse, et comme il ne se décidait pas, j'ai fini par lancer : « Bon, on regarde ? »

 

Je lui ai demandé de regarder pour nous deux, il m'a dit qu'il n'y comprendrait sûrement rien ! Il a commencé par regarder le bas de la feuille, avec le tableau récapitulatif des taux, et le premier truc qu'il a vu, évidemment, c'était « taux de 0 à 5 : pas enceinte » ! Je lui ai dit qu'il fallait regarder en haut, j'ai ouvert la feuille et là, je vois « taux : 115mUI/ml » et je dis à ton papa : « Non, je suis bien enceinte... »

 

S'en est suivie une absence de réaction terrible. Il n'a rien dit pendant plusieurs minutes, j'ai essayé de provoquer quelque chose, je lui ai dit « A défaut d'être heureux pour toi, tu es heureux pour moi au moins ? » « Oh oui, pour toi, oui... »

 

C'est terrible de vivre ce genre de choses, de voir l'homme qu'on aime et qui vous aime depuis 5 ans sembler aussi désolé à l'idée d'avoir un enfant. Et ce même si je comprends ses raisons. Heureusement, il s'est déridé assez vite, au dîner...

 

Il y avait la météo et on devait aller au festival Solidays le week-end suivant. Et il a dit, avec un ton comique : « Ah ben il va faire beau pour le dernier festival de notre vie ! » Oui, ton papa est convaincu qu'un bébé et un enfant d'une manière générale, ça empêche de vivre (et il a son expérience qui joue pour lui). J'espère que toi et moi, on arrivera à lui prouver le contraire.

 

Bref, il a sorti plusieurs vannes du même genre toute la soirée, c'était pas méchant, ça lui a permis d'évacuer le stress de la journée et tant mieux. Par contre, on a tous les deux très mal dormi cette nuit-là, et le matin, il ne m'a rien dit, il m'a fait un bisou du bout des lèvres avant de partir au boulot, et moi, j'étais repartie à angoisser comme une malade en m'imaginant déjà en mère-célibataire ! (oui, ta maman est une grande psychoteuse...)

 

Et puis le midi, il est rentré tout zen, rieur, je lui ai dit que j'avais l'impression qu'il avait mal dormi, ce à quoi il a répondu « Ben oui, évidemment ! », je lui ai parlé de mes angoisses, ça l'a fait rire, j'ai encore dû me faire traiter de patate, bref, tout allait bien !

 

 

Le lendemain, 6 juillet, nous nous sommes pacsés. Le rendez-vous avait été pris un mois avant, rien à voir avec toi, donc, mais décidément, les projets se précipitent d'un coup chez les DianoPhil !

 

Au retour, ton papa m'a dit « Va falloir qu'on déménage, et puis va falloir que je passe mon permis, merci, hein ! » (oui, à l'heure où j'écris ces mots, aucun de tes deux parents n'a le permis, malgré notre trentaine bien amorcée !), ce à quoi j'ai répondu « Ben c'est que du positif, tout ça, c'est des projets, c'est génial, on a tellement stagné ces derniers temps ! »

 

Bref, voilà, grâce à toi, nous avançons. Tes parents forment un couple très amoureux et très fort, et j'espère que l'avenir ne nous fera pas mentir. Mais ton papa, à cause de son passé, a du mal à faire des projets sur le long terme. Il a fallu que je le tanne pour le PACS (il veut éviter de se remarier), pour un bébé, pour tout. D'ailleurs, lors de ce fameux dîner du 4 juillet, il m'a dit « Valait mieux que ça se passe comme ça, sinon, tu aurais pu attendre longtemps... » Ca ne m'a pas étonnée, je pensais bien depuis quelque temps déjà qu'il n'arriverait jamais à me dire « Oui, je vais te faire cet enfant... », et je lui ai répondu « Je m'en doutais, et je me demandais si ton inconscient ne t'avait pas joué des tours pour que tu prennes un tel risque à un moment crucial... » « Oui, c'est possible. »

 

Mon bébé, tu es ma petite graine de tournesol, tu te tournes vers la lumière. Tu es mon petit bonheur, mon miracle, et je te chéris déjà énormément, six semaines après ta conception. Je ne veux pas que tu croies que tu es un accident, car un accident, ça ne se passe pas entre deux personnes qui se connaissent si bien depuis plusieurs années. Ton papa savait ce qu'il faisait, c'était son moyen à lui de dire oui à ce que je désirais depuis si longtemps. Alors certes, tu n'étais pas prévu, mais ce n'est pas plus mal. Tu es une surprise, et le plus beau des cadeaux.