07.09.2008
Six mois déjà...
Six mois déjà que je me consume d'amour pour toi... et que tu ne me laisses pas assez de temps pour nourrir ce blog...
Pourvu que cette micro-note me permette de retrouver la motivation ! A très bientôt, j'espère !
00:51 Publié dans Grossesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : naissance, bébé, amour, maternel, maman, bonheur
07.05.2008
Lilith ou la lune noire, histoire d'une naissance...
Nous sommes le 10 mars, il est 10h du matin, tu dors près de moi et je me décide à commencer le récit de ta naissance, encore si proche. Ton papa m'a amené l'ordinateur portable hier, afin que ça me soit possible, donc je profite d'un moment calme pour m'atteler à ma «tâche ».
Il y a 5 jours et quelques heures, le travail commençait, à ce moment-là, je n'étais encore sûre de rien. Après tout, ça pouvait être une sorte d'entraînement, ça arrive souvent en fin de grossesse. Et puis surtout, depuis quelques jours, je regardais la date du 7 mars avec envie (ou intuition, quelle était la part de l'une et de l'autre, difficile à dire). Dans l'absolu, j'aurais bien aimé que tu restes dans mon ventre jusqu'au bout, ou presque. Ma grossesse s'était si bien déroulée, je ne voulais pas que ça cesse, d'autant qu'elle sera peut-être unique. Cela dit, le 7 mars avait absolument tout pour me plaire, une date pleine de symboles pour la naissance de ma lilipuce... Le 7, déjà, est un chiffre considéré comme magique. On y fête la Saint Félicité, il faut quand même avouer que c'est pas mal. Et pour couronner le tout, depuis longtemps, je savais qu'une lune noire était prévue à cette date, et, outre le pouvoir possible de la lune sur les naissances, cette lune noire placée à cette date-là, c'était un comble pour moi. Car des deux prénoms que nous envisagions pour toi, l'un est étroitement lié à cette lune noire. Autant dire que si tu décidais de venir au monde ce jour-là, le choix était vite fait !
Mais n'anticipons pas... Revenons d'abord au 6 mars... Après une journée du 5 assez calme en contractions douloureuses, je me disais que peut-être, la nuit du 5 au 6 serait plus reposante, je te demandais d'ailleurs de me laisser dormir, histoire que je sois en forme pour le jour J. Doux rêve ! J'ai quasiment passé une nuit blanche. Tes frère et soeurs étaient encore là, donc impossible pour moi d'être libre de mes faits et gestes, de prendre un bain pour vérifier que les contractions se calmaient, par exemple. J'avais quand même demandé à ton papa de passer à la pharmacie et j'ai pu prendre des suppositoires de Spasfon, mais l'effet restait très limité. Au petit matin, j'étais sur le canapé, et j'ai posté sur le forum des ZZ en disant que, décidément, c'était bien douloureux. Contractions principalement dans le dos, en plus, les pires. Par chance, Pleyssi, une ZZ qui ne poste pas souvent, traînait par là et m'a tenu compagnie. A un moment, les contractions se sont rapprochées, jusqu'à 5 minutes d'intervalle. Mais ça n'a pas duré, ça s'est même à nouveau largement espacé. J'ai envisagé d'appeler ma sage-femme, mais ma nature a rapidement repris le dessus : je ne voulais pas la déranger pour rien, j'attendrai encore un peu de voir si ça se calmait. Quelle erreur ! Enfin bref...
Une fois les enfants et mon homme levés, j'ai pris un bain. Moui, ça fait un peu de bien, mais léger... Je prends un Spasfon et je me remets au lit. J'ai dormi 1h30, je crois. J'ai passé la journée au lit, à part pour les repas. Au déjeuner, quelques contractions me gênent, mais ça reste gérable. Au goûter, idem... Malgré tout, je sens bien que me lever ne me réussit pas. Phil, qui m'avait déjà proposé la veille d'appeler son ex pour qu'elle récupère les enfants plus tôt, au cas où, me dit : « Bon, je vais l'appeler, c'est mieux, ça serait embêtant de se retrouver à 3h du mat' à devoir se précipiter à la maternité avec les enfants... » Il appelle donc, la maman de ton frère et de tes soeurs vient les chercher pour 18h. Je leur dis au revoir, on blague en disant que la prochaine fois qu'on se verra, on sera sûrement un de plus...
J'avais envisagé que peut-être, avec leur départ, les choses allaient se calmer. Après tout, devoir se charger de trois enfants en fin de grossesse, c'est assez fatigant. Surtout quand ils se disputent fréquemment. Je me souviens avoir lancé à ton papa, le jour de leur arrivée, alors que Damien et Justine se disputaient : « S'ils continuent comme ça, j'accouche dans la semaine ! » Quand j'y repense...
Non, les choses ne se sont pas calmées, au contraire : je me lève pour dîner, on décide de faire du quinoa, je me force à m'occuper un peu de la poêle, mais c'est difficile, les contractions s'intensifient. Ouille... Pendant toute la demi-heure qu'aura duré ma station debout (ou assise), c'est une horreur : j'ai le sentiment d'être une contraction à moi toute seule. Ca n'arrête plus, j'ai mal, je m'allonge le plus vite possible sur le canapé, ça s'arrange. Les contractions s'espacent à nouveau.
Phil propose qu'on revoie le film Le Couperet, avec José Garcia. Je dis ok, en sachant déjà que je vais avoir du mal à suivre. En effet, il y a les moments où je contracte, ceux où je dors à moitié, ceux où je me concentre tout simplement sur toi et moi... Heureusement que j'avais déjà vu le film !
Pendant le film, les contractions se rapprochent et reviennent toutes les 5 minutes. Il paraît qu'il faut aller à la maternité quand on contracte toutes les 5 minutes depuis 2h (pour un premier bébé). Au bout d'1h30, je me décide à appeler Paloma, ma sage-femme. Elle me répond, je lui explique la situation, et elle me dit qu'elle n'est pas à Paris, et ajoute que j'aurais dû appeler plus tôt, qu'elle ne serait pas partie... Regrets éternels ! En plus, elle est partie en train, impossible à cette heure-là (23H30) d'en avoir un pour revenir. Bref, n'en parlons plus, elle me dit d'aller à la clinique où nous aurions dû nous retrouver, elle va appeler pour leur dire que j'arrive. De mon côté, j'appelle Elodie, alias chouq' des ZZ, qui habite à Nanterre elle aussi et s'était proposée de m'amener à la clinique si besoin. Elle répond présente. Phil commence à rassembler les affaires, mais Paloma me rappelle : elle est embêtée, la sage-femme de garde ne veut pas faire l'accouchement toute seule, elle souhaite faire appel au gynéco. Or, c'est une clinique, ça va me faire des frais, donc Paloma me dit que je vais aller à Nanterre (c'était ce qui était prévu au début, mais ça ne l'arrangeait pas car qui dit hôpital dit moins de pouvoir pour elle en cas de pépin). Je m'inquiète du fait qu'étant finalement enregistrée à Rueil, je ne suis pas allée aux rendez-vous de Nanterre et qu'ils me demandent pourquoi... Elle me dit qu'elle va les appeler et leur expliquer qu'elle devait me faire accoucher là-bas mais est absente, et que je ne suis pas allée aux rendez-vous car trop fatiguée.
Elle me rappelle une dernière fois : très rassurante, elle me dit que la sage-femme de garde de Nanterre est ravie, qu'elle m'attend, qu'ils n'ont personne d'autre et que je vais pouvoir profiter de la salle nature et être bichonnée. Chouette, un poids s'envole. Elodie m'appelle aussi, elle m'attend devant chez moi. On descend, moi, bloquée dans les escaliers par une contraction, Phil, obligé de remonter car il avait oublié l'appareil photo ! Heureusement que j'avais encore assez de présence d'esprit pour lui demander s'il y avait pensé !
Du coup, le temps qu'il remonte le chercher, j'avance vers Elodie péniblement, les contractions sont vraiment fortes (et toujours dans le dos). Elle me rejoint, m'accompagne, me cale à l'arrière (sur une serviette, j'avais prévu, on ne sait jamais, on ne va pas risquer de pourrir la voiture !), met les affaires dans le coffre. Phil arrive, il se met derrière avec moi, et on y va... Sur le chemin, Phil et Elodie déconnent, et moi, je ris du coup, mais je les engueule presque tellement c'est douloureux de rire...
Une fois là-bas, Phil nous précède histoire de vérifier où on doit aller exactement. Elodie m'aide à sortir de la voiture, on commence à avancer de notre côté. Lorsque j'avais passé la deuxième écho à Nanterre, je m'étais réjouie de ne pas accoucher là, car il y a un trèèèèèès long couloir à traverser pour accéder à la maternité, et je m'imaginais, percluse de contractions, ce que ça pouvait donner. Eh bien, je l'ai vécu, finalement, et je peux vous dire que ce fut une épreuve. En plus, tu as décidé de me taquiner le col à ce moment-là, et je dis à Chouq' que je me vois bien accoucher là, sur place (là encore, quelle erreur, j'en étais encore si loin !). Je lui demande l'heure, en ajoutant : « Elle va quand même pas naître le 6 ! » Non, il est minuit et quart, sauvée, tu as toutes les chances de naître le 7... Phil m'appelle, nous dit qu'il faut bien aller là où on pense, dit qu'il va revenir sur ses pas nous retrouver. Je le vois assez vite, on le rejoint et je lui dis, en rigolant, suite à une contraction : « Mais quelle idée de vouloir des enfants ! » Bon, évidemment, je n'en pense pas un mot...
On arrive, on me dit de sonner et de m'asseoir. Assez vite, quelqu'un vient nous chercher, Elodie reste au cas où ce serait une fausse alerte, pour pouvoir nous ramener. Manifestement, quelqu'un est arrivé entre temps, je ne suis pas la seule patiente. Une jeune femme me prend en charge, me demande d'aller faire pipi pour une analyse d'urine. Je plane, ça me fait bizarre de me trouver dans ces toilettes et de me dire que, si tout va bien, tu sera là dans la journée...
Une fois cela fait, je me retrouve dans une salle pour faire un monitoring. J'aurai le temps d'en faire une sacré quantité en une journée, c'est un peu lourd à force, d'ailleurs, surtout qu'à aucun moment tu ne montreras de signes de détresse donc on aurait probablement pu limiter un peu... Bref, j'enlève mon pantalon, je m'installe sur un fauteuil qui s'avérera de plus en plus inconfortable au fil des monitorings (heureusement que je ferai ceux de l'après-midi dans la salle Nature !), une sage-femme me fait un premier toucher vaginal, col ouvert à 1 doigt, effacé... Punaise, tout ça pour un doigt ? J'ai la haine, sur le coup... Le monitoring durera une demi-heure environ, on compte la durée entre les contractions, ça varie, toutes les 5 minutes, puis toutes les 4... La sage-femme me dit qu'elle va me préparer un bain dans la salle Nature.
Ce premier bain (j'en prendrai quatre en tout !) fait plutôt du bien (une fois que j'ai rajouté de l'eau froide, car il était brûlant), même si les contractions ont tendance à s'intensifier dedans. Mais au moins, je peux me détendre, je somnole un peu, et le temps passe plus vite...
Lorsque je sors du bain, on me fait un nouveau monitoring, le col a progressé légèrement. On nous dit qu'on ne peut pas laisser nos affaires dans la salle Nature car il est possible que d'autres personnes arrivent et aient besoin de s'y retrouver. Notre chambre est prête, Phil y emmène donc mes affaires. Dans le même temps, comme personne d'autre n'a besoin de la salle, on me prépare un deuxième bain. Il est environ 5 heures, Phil revient et me dit que ma chambre est chouette, il me parle du coin nursery, de la salle de douche, je visualise assez bien car j'avais déjà lu des témoignages sur la maternité et sur les chambres refaites assez récemment. Je suis dans mon bain très chaud, je suis fatiguée, je somnole beaucoup malgré les contractions, ton papa s'endort carrément, tout est très calme à ce moment-là...
Lorsque je sors du bain, on me propose d'aller voir ma chambre, de m'y reposer un peu, voire de marcher si j'y arrive, histoire de faire travailler le col. Nous allons donc jusqu'à la chambre, tant bien que mal, les contractions sont là toutes les 4 minutes environ, toujours dans le dos principalement, c'est très douloureux. Dans la chambre, je ne peux que m'allonger, et encore, je manipule la télécommande du lit jusqu'à trouver une position pas trop inconfortable. Je suis mieux dans un fauteuil, finalement, j'y reste un moment. Je discute avec ton papa... A un moment, je marche et suis obligée de m'appuyer contre un mur pour laisser passer la contraction. Vive la respiration apprise au yoga, qui me sauvera pas mal la mise. Une jeune femme tape et nous demande, dès que c'est possible, de revenir faire un monitoring.
Je ne supporte plus la chaise sur laquelle se déroule le monito, les contractions sont insupportables dessus. Une sage-femme me propose de me mettre en position assise et de m'appuyer sur une barre qu'on installe au-dessus. Elle dit à Phil de me masser le dos lorsque les contractions arrivent. La première se passe bien, mais après, c'est pire que tout... Donc on laissera tomber l'idée de la barre !
On m'examine en même temps que le monito : le col semble avoir bien progressé, il est à 4-5, si mes souvenirs sont bons. J'ose demander à la sage-femme (toujours la même, en fin de garde) si elle a une idée du temps que ça prendra pour que tu arrives. Elle hésite, mais finit par me dire que ça devrait donner un bébé pour midi environ. Je n'aurais jamais dû demander et elle n'aurait jamais dû me répondre, même si, sur le coup, ça m'a motivée, vu qu'il doit être 8 heures, je me dis que ça va peut-être vite passer...
Les deux sages-femmes que j'ai côtoyé pendant ces quelques heures me disent au revoir, elles ont fini leur service, l'une d'elles, Julia, me dit qu'elle prendra des nouvelles de moi, c'est gentil.
Je me retrouve donc prise en charge par de nouvelles personnes. Ca me déprime un peu, quand je pense que j'aurais dû être seule avec Paloma et Phil ! Mais bon, je me motive, mon bébé sera là dans quelques heures, il faut y croire !
Les heures défilent, je me repose un peu dans la chambre, je fais un nouveau monitoring, et là, surprise, mon col ne bouge presque plus... Je souffre énormément, toujours sur ce maudit fauteuil, on me dit qu'on va appeler la sage-femme de garde. Celle-ci s'appelle Caroline, sur le coup, elle ne me plaît pas trop.
Un peu avant midi, on me fait encore un monito, mais cette fois, il a lieu dans la salle Nature, l'autre salle étant occupée. Je suis mieux sur ce fauteuil-là... A ce moment-là, je ne sais pas que c'est exactement là que j'accoucherai ! Mon col évolue toujours très lentement, il doit être à 5-6, c'est perdu, je n'accoucherai pas vers midi, j'en suis même loin...
Retour dans la chambre, je doute. Je déprime un peu... On reste un moment, puis je retourne dans la salle Nature. Je suis crevée, je tente de me mettre sur un ballon pour aider mon col à s'ouvrir, mais je manque plusieurs fois de tomber car je somnole... Je me lève, je marche, je tente de me réveiller, aïe, une contraction, j'attrape la barre d'un chariot, je respire... Là, une jeune femme entre dans la pièce :
« Bonjour, je m'appelle Juliette, je suis élève sage-femme, je vais m'occuper de vous, ça va aller ? »
Je la regarde, tout de suite je vois que son regard a l'air sincèrement préoccupé par mon état... Du coup, je me confie :
« Non, ça ne va pas, j'ai mal, les choses n'avancent pas, je ne sais plus quoi faire ! »
Elle a su trouver les mots, et ce ne sera pas la seule fois. Elle me dit que c'est normal que ce soit long, c'est un premier bébé, que j'ai choisi un accouchement naturel donc, ce n'est pas évident mais qu'elle me trouve très courageuse. Les contractions arrivent en même temps qu'elle me parle, elle me voit respirer et me dit même qu'elle n'a jamais vu quelqu'un gérer les contractions aussi bien... Elle me propose de me faire couler un nouveau bain, car ça fait travailler mon col. J'accepte. Je me sens déjà mieux grâce à son discours. Le bain continue de me détendre, malgré la douleur. Ensuite, elle me fait un nouveau monitoring, et me propose un Spasfon par le cathéter, ça peut aider le col, m'a-t-elle dit. Je lui demande si ça calmera la douleur, elle me dit que non. Pourtant, à peine m'a-t-elle injecté le Spasfon, je me sens déjà mieux. Je me détends encore plus, et les contractions deviennent rapidement moins douloureuses. Il est possible du coup que ça ait ralenti ton arrivée, mais au moins, ça m'a donné un répit salutaire. Pendant une heure, je me sens bien, je reprends des forces et je reprends courage, surtout. Je me repose, du coup, pendant le monito, je mets les écouteurs de mon Ipod sur les oreilles, j'écoute du Radiohead, j'arrive à m'endormir légèrement. Il fait trop chaud, on m'ouvre une fenêtre. Je me sens bien, ouf... Phil profite de ce répit pour aller s'acheter à manger. Pour ma part, j'ai très très soif, mais on ne me laisse pas boire ou à peine et encore moins manger. Juliette m'autorise quand même un petit verre d'eau... Regret encore : avec Paloma, j'aurai eu le droit, même de manger ! Heureusement, Phil m'achète quelques trucs pour mettre dans le frigo de la chambre (oui, il y a un mini-frigo dans la chambre !), ça me motive : des sandwiches jambon-fromage, une petite bouteille de coca, des bananes, et un paquet de Schokobons, j'adore ça !
Juliette revient, elle est contente de me voir mieux, elle m'examine, mon col s'est un peu ouvert, mais ce n'est pas encore ça. Je reste seule avec Phil un moment, quand elle revient, elle me propose plusieurs options : on laisse les choses se faire naturellement, mais ça peut être encore long, on me met un nouveau Spasfon dans une heure, mais comme ça fait effet sur mes contractions, pas sûr que ce soit une bonne idée, ou alors, on rompt la poche des eaux. Je lui demande comment ça se passe dans ce cas-là, elle m'explique que ça accélérera probablement les choses, mais que ça risque d'être plus douloureux qu'en laissant faire...
Comme à ce moment-là, je me sens bien, je lui dis qu'on va attendre. Elle me suggère d'essayer de marcher, encore une fois, pour faire travailler tout ça... On marche donc dans l'hôpital, avec des contractions toutes les deux minutes, c'est encore moins évident ! Malheureusement, elles recommencent à être très douloureuses, en plus... On revient, je dis que j'ai vraiment du mal à marcher, je demande à savoir où ça en est, une autre Caroline s'occupe de moi, elle me dit que c'est inutile de m'examiner, il s'est passé trop peu de temps depuis la dernière fois, elle me propose un nouveau monitoring et me demande de te stimuler, car tu dors. Tu m'étonnes, la journée est dure pour toi aussi ! J'essaie un moment, mais ça m'ennuie de t'embêter, et puis ce n'est pas très efficace, de toute façon ! Le temps me paraît de plus en plus long, personne ne vient nous voir, j'entends des bébés pousser leur premier cri autour de moi et je me demande quand viendra enfin mon tour. C'est dur... En plus, on m'oublie, au bout d'une heure, je demande à Phil d'aller voir, j'aimerais qu'il essaie de me trouver Juliette, mais quand il sort, il a à peine le temps de prononcer un mot que Caroline n°2 s'exclame «Zut, le monito ! » et vient me débarrasser, toute confuse. Apparemment, ils sont débordés. Elle m'examine, col à 8... Bonne nouvelle, je me sentais mouillée, ce ne sont pas les eaux, mais le bouchon muqueux qui est parti. Ca me permet d'espérer un peu.
Nous retournons dans la chambre, en attendant la suite. Je suis épuisée, vide, je déprime. Bizarrement, je commence à avoir envie de pousser. Je vais aux toilettes, je me « vide » pour la 4ème fois de la journée, je crois !
Personne ne vient nous chercher, donc on finit par retourner du côté des salles d'examens. Personne dans la salle Nature, on s'y réinstalle, et je laisse la porte ouverte, histoire que quelqu'un vienne nous voir. A ce moment-là, je me sens très seule. Ca fait un moment que je n'ai plus vu de personnel, apparemment, pas mal de femmes sont arrivées récemment, donc on s'occupe d'elles, d'autant que la plupart veulent la péridurale, elles ont donc plus besoin d'eux que moi, techniquement parlant. Mais je me sens abandonnée, du coup, et je ne suis pas loin du désespoir. Il doit être 17h30 et je n'en vois plus la fin. Je suis très angoissée, et Phil ne m'est pas d'un grand secours car lui aussi est fatigué et de mauvaise humeur. Il essaie néanmoins de ne pas trop s'énerver et du coup me parle peu. Tant mieux, sur le coup, ça me déprime encore plus, mais il vaut mieux ça plutôt que de dire des trucs qu'il regretterait. Il avait du mal avec mon idée d'accouchement sans péri au départ, a fini par comprendre plus ou moins, mais pour lui, le progrès reste une bonne chose en la matière, et il a du mal à admettre qu'on accepte encore d'accoucher « dans la douleur ». D'ailleurs, il me balancera quand même quelques vannes suggérant qu'avec la péri, ça aurait été moins long. Rien n'est moins sûr, mais on ne saura jamais...
Une femme entre dans la salle, nous demande si ça va, je lui dis que non, que personne ne vient en plus et que ça me déprime. Elle me répond « On est très occupés, il faut attendre ». Elle ne me plaît pas. Désagréable à la fois physiquement et dans son discours, je la sens persifleuse, je n'aime pas ça du tout. Elle repart. Phil est d'accord avec moi, elle ne lui a pas plu non plus. On attend. Je finis par me mettre à pleurer, je souffre physiquement et mentalement, c'est une horreur, je commence à m'inquiéter pour mon bébé, je me demande si j'accoucherai bien ce jour-là et me dis que je n'aurai pas la force si ça dure encore longtemps. Phil me suggère d'appeler Paloma. Je finis par me décider. Elle est très surprise de savoir que je n'ai toujours pas accouché (elle m'avait appelée dans la matinée et se tenait aussi au courant via la maternité), elle pensait que c'était fait depuis un petit moment, elle sent ma détresse, essaie de me rassurer comme elle peut. Elle me dit de me mettre en chien de fusil et de me détendre comme Rosemarie (la prof de yoga) m'a appris. Je lui dis que ça me paraît impossible, que ça fait trop mal. Du coup, elle me suggère d'aller trouver le personnel, d'en rajouter (pas besoin !), de leur dire que je n'en peux plus, que je veux bien avoir la péridurale si ça peut les décider à me reprendre en charge. Je raccroche, j'essaie de me détendre un peu, mais évidemment, je n'y parviens pas. Je finis par sortir de la pièce, à la recherche de quelqu'un, je tombe sur Caroline, je lui dis :
« J'en peux plus, j'ai trop mal, j'ai peur, il faut que quelqu'un s'occupe de moi, donnez-moi la péridurale, c'est pas grave, je suis trop fatiguée ! »
Là, je vois la même bonne femme désagréable apparaître et elle me redit « Je vous ai dit qu'il faut attendre ! » Je la hais ! Mais Caroline l'ignore, me prend par les épaules et me dit : « Je suis désolée, il y a eu un rush, là, on était occupés, venez, on va voir où vous en êtes... » Une contraction me prend, je m'arrête, elle est douce, me masse le dos, on avance doucement jusqu'à la salle. Je l'aime ! (alors qu'elle ne m'inspirait pas beaucoup quand je l'ai vue le matin...) Elle me dit qu'il n'y a pas de raison que je prenne la péridurale, ce serait dommage maintenant, il faut que je tienne.
Elle m'examine, le col est à 8-9, mais la poche n'est toujours pas percée et tu n'es toujours pas engagée. Elle me fait pousser, pour voir, car parfois, ça fait avancer les choses. Je n'ai pas trop de mal puisque j'ai déjà envie de pousser depuis un moment. Elle me suggère de prendre encore un bain. Je lui dis que c'est vraiment trop douloureux les contractions dans le bain. Elle m'encourage, me dit que si je refuse tout, ça risque d'être vraiment long. J'accepte donc ce dernier bain. Je lui demande si Juliette est encore là, car j'aimerais la voir. Elle me dit qu'elle est occupée sur un autre accouchement, mais qu'elle va lui dire de venir dès que possible.
Je me plonge dans l'eau, j'essaie de me détendre mais ce n'est pas facile. Je continue d'avoir envie de pousser pendant les contractions, tant pis si ce n'est pas encore le moment, je pousse, je ne peux pas m'en empêcher ! Juliette entre dans la salle, s'installe en face de moi, à côté de la baignoire. Elle me demande ce qui ne va pas, là, je me lâche encore plus que la première fois que je me suis confiée à elle, j'avais déjà commencé avec Phil juste avant. Je lui dis en vrac que c'était trop long, que je commence à me demander si j'accoucherais ce jour-là, que je me sens nulle, j'ai l'impression de foirer mon accouchement, que je n'aurai jamais la force de pousser tant je suis fatiguée, j'ai soif, j'ai faim, j'ai peur de mettre ma fille en danger à force que ça dure, et puis c'est bizarre, j'ai envie de pousser...
Et qu'a-t-elle fait ? Encore une fois, elle a su me parler. Elle m'a redit des choses qu'elle avait déjà dit la première fois et m'a assuré que je ne te mettais pas en danger, que tout allait bien, que j'accoucherai dans les heures qui suivaient, que j'étais très courageuse et de ne pas m'inquiéter car les femmes, même épuisées, trouvent toujours la force de pousser, surtout sans péridurale puisqu'on sent mieux ce qui se passe. Elle, je ne l'aime pas, je la vénère carrément. Comme je l'ai dit par la suite à Paloma, heureusement que Juliette était là, elle m'a presque sauvé la vie ce jour-là... J'espère qu'elle restera comme elle est, elle fera une sage-femme formidable...
Elle me demande si elle peut me laisser, je lui demande jusqu'à quelle heure elle est là, jusqu'à 20h me répond-elle, et là, je t'ordonne de sortir avant car je ne veux pas accoucher sans elle ! Elle part en m'assurant qu'elle reviendra dès que possible.
Assez rapidement, j'en ai marre d'être dans le bain, donc je décide de sortir. Je me sens vraiment bizarre, et quand j'enjambe la baignoire, je me dis que c'est vraiment étrange cette pression, en bas. Est-ce encore un besoin de vider mes intestins ou bien autre chose ? Je prends mon courage à deux mains et décide de vérifier, quand même, au cas où. Je touche... quelque chose... Une tête ???
« Phil, je sens un truc ! ! ! »
Phil me regarde, mi-surpris, mi-riant (apparemment, la façon dont j'ai dit ça valait le coup !), se précipite sur la sonnette, sonne pas mal de coups apparemment, la porte s'ouvre très vite, c'est Caroline, Phil lui dit « Elle accouche ! », Caroline se retourne « Elle accouche ! Vite, un plateau d'accouchement ! »
Elle me rejoint, deux autres jeunes femmes rappliquent, il y a presque trop de monde tout à coup ! Elle me dit : « Restez comme ça, je vous examine », elle touche, me dit : « C'est la poche », et plof, dans la foulée, c'est l'inondation, trop bombée, la poche avait cédé !
On me fait me rallonger sur le fauteuil de monitoring, la salle Nature est seulement une salle de travail, mais ce n'est pas grave, elle se transformera en salle d'accouchement pour l'occasion ! Il est 18h40 environ, je me sens presque bien, je suis excitée de te savoir bientôt parmi nous, ça me redonne de l'énergie. Il y a un plateau pour une éventuelle épisiotomie, je leur dis que si elles peuvent éviter de l'utiliser, je préfère, et Caroline me répond qu'il n'y a pas de problème, qu'elles en ont fait une dans la journée et c'est déjà une de trop !
Juliette entre à son tour, c'est elle qui prend la place de l'accoucheuse, je suis contente... Elle me demande si on m'a appris une technique pour pousser, je dis que oui, mais bien évidemment, je ne sais plus comment faire, entre la fatigue et l'énervement ! Elle me fait ramener mes jambes sur le ventre, et m'encourage à pousser comme pour aller à la selle... Oui, logique, Paloma nous avait dit que c'était pareil...
Une contraction arrive, je pousse, mais apparemment, ce n'est pas encore ça, c'est tellement difficile. Lors des suivantes, je me lâche, moi tellement réservée, je me laisse aller, je trouve « mon » cri, je hurle comme une malade, non pas parce que j'ai mal, je sens à peine la douleur des contractions à ce moment-là, et toi, tu ne me fais pas mal, non je hurle pour me motiver, pour m'aider à pousser, comme beaucoup de femmes le font. Je repense à la femme que j'ai entendu hurler quelques heures plus tôt, alors que j'étais sous monito, ça m'avait presque fait peur, et là, je me dis que je dois faire peur à d'autres femmes à mon tour !
Je trouvais que Juliette et les autres faisaient une drôle de tête, je regardais le monito qu'on m'avait installé pour vérifier que tout allait bien, ça avait l'air, mais j'ai quand même demandé : « Elle va bien ? » « Ouiii ! » Avec le recul, je me dis que Juliette était peut-être tout simplement très émue, qui sait, c'était peut-être la première fois qu'elle prenait les commandes d'un accouchement, je ne lui ai pas demandé, je regrette un peu, tant pis !
Je ne sais pas combien de fois j'ai poussé, ta tête est arrivée assez vite vers la sortie, mais après, il m'en a fallu plusieurs pour que tu sortes complètement. Ton papa m'a tenu la main de bout en bout, il m'a encouragée, à un moment, il a regardé et m'a dit : « Là, je pense qu'à la prochaine, c'est la bonne, parole d'expert ! » Je vois Juliette sourire...
Tout ça me donne un courage fou. A la contraction suivante, je pousse, je pousse, je hurle, je me surpasse... Et là, je te vois, Juliette te pose sur mon ventre... Mon bébé... Mon amour... Tu es là... On propose à Phil de couper le cordon, mais ce n'est pas son truc, ça le dégoûte, il ne l'a fait pour aucun de ses enfants. Du coup, c'est moi qui l'ai coupé !
Je te regarde, tu dors ! Tu n'a même pas pleuré (moi non plus, d'ailleurs !), à peine un ou deux petits cris qui ressemblaient à des couinements et là, tu somnoles sur mon ventre. Ca a été tellement long pour toi aussi, tu dois être bien fatiguée... Je dis à ton papa « Elle est belle, non ? » Il approuve... J'ajoute : « Elle n'est même pas fripée et elle ne sent pas mauvais ! » Il sourit, il m'avait pas mal taquiné avec ça, « Tu verras, un bébé qui vient de naître, ça pue, c'est fripé et sale ! » Toi, tu étais toute belle, sans doute parce que tu as été longtemps protégée par la poche des eaux. C'est sans doute ça aussi qui fait que l'ostéopathe te trouvera aussi bien, ta tête n'a pas souffert de l'accouchement, contrairement à beaucoup de bébés.
Ton papa me dit que tu es une crevette, c'est marrant, je n'ai pas cette impression, je te trouve grande, c'est sans doute parce que je te vois de dessus... Je m'écrie : « Elle ressemble à Justine, non ? » Justine, c'est une de tes demi-soeurs. Ton papa approuve une nouvelle fois : « A Damien (ton demi-frère) et à Justine... »
On tente une première mise au sein, mais tu es trop fatiguée, tu préfères dormir...
Juliette nous demande le prénom, elle nous avait demandé à plusieurs reprises pendant la poussée, mais nous voulions le garder pour nous jusqu'au bout, d'autant qu'il y en avait encore deux en balance, même si celui que nous avons finalement choisi était quasiment certain... Mais là, c'était l'évidence...
« Lilith »
« Lilith ? C'est joli, ça vient d'où ? »
« C'est une démone, la première femme d'Adam aussi, selon certains textes, et c'est l'un des noms de la lune noire aussi, et c'est la lune noire aujourd'hui ! »
Tu es née à 19h17, un 7 mars, ça fait beaucoup de 7, j'espère que ça te portera bonheur... Cela faisait 19 heures que j'étais à la maternité. Ton papa m'a dit que tu avais voulu attendre l'apéro pour faire comme Damien et Justine, encore une fois. Ils sont nés autour de 19h eux aussi...
Tu es restée sur mon ventre un moment, en peau à peau, mais comme le placenta traînait à sortir et que je devais être recousue car j'ai une une déchirure, j'ai suggéré que ton papa te prenne. L'une des sages-femmes lui a suggéré d'enlever son t-shirt, pour que tu continues de bénéficier du peau à peau. C'était beau de vous voir tous les deux...
Il a fallu que je trouve encore la force de pousser pour faire sortir le placenta, on a même appelé une autre sage-femme, la deuxième Caroline, pour qu'elle n'hésite pas à tirer sur le cordon... Ouf, il est sorti. Comme elles m'ont dit, ça aurait été dommage de devoir m'anesthésier pour l'enlever après tout ce périple !
Ce sera la nouvelle sage-femme de garde, Nathalie, qui me recoudra et te fera faire les premiers examens. En discutant, je lui ai dit que ce qui a sans doute été le plus dur pour moi, c'était de rester à jeun, surtout sans boire, déjà que j'étais très fatiguée, ça n'a pas aidé. Et elle me répond : « Ah oui, ce sont les anesthésistes qui veulent que les femmes restent à jeun en cas d'anesthésie, mais bon, c'est assez ridicule... En plus, vous étiez suivie par Paloma, avec elle, vous auriez eu le droit ! » Bref, en discutant, je lui ai dit « Dommage que vous ne soyez pas arrivée avant, les choses auraient été différentes ! »
Enfin bon, pas de regrets, moi qui avais peur de foirer mon accouchement, qu'il ne ressemble en rien à ce qui était prévu, finalement, ce n'était pas si mal. Très long, difficile, douloureux bien sûr, mais quand on voit le trésor qui est au bout, on ne pense plus à tout ça... Et puis surtout, malgré ces deux moments où j'étais au bord du désespoir, j'ai réussi à tenir sans la péridurale et en te laissant venir à ton rythme, j'en suis assez fière. Je suis également heureuse d'avoir refusé qu'on perce la poche car j'ai lu par la suite certaines choses qui me font penser que c'était mieux pour toi. Je ne suis pas prête à remettre ça tout de suite, mais ça ne me paraît pas insurmontable, surtout que pour un éventuel deuxième, les choses devraient être moins longues !
Et finalement, les heures ont été longues aussi après ! Je n'ai rejoint ma chambre qu'après 23h ! Tu es d'abord allée avec ton papa te faire mesurer et peser : 47 cm pour 2,810 kg, tu es en effet un petit gabarit, du même genre que tes frère et soeurs... Je t'entends pleurer, cette fois... Tu reviens rapidement, Nathalie teste tes réflexes, tout va bien, elle te plie dans tous les sens, tu es très souple. L'appareil photo n'arrête plus de fonctionner. Puis, ton papa me dit qu'il va rentrer, il doit être 20h30, il a besoin de manger et de se reposer, tu te retrouves sur ta maman, à nouveau en peau à peau. Avant qu'il parte, je décide d'appeler ma maman, mamie pour la première fois. Tu es tellement calme, c'est dommage, j'aurais bien aimé l'appeler et qu'elle t'entende pleurer, mais non. Je téléphone, on discute un peu et puis je lui dis : « Tu entends ce doux bruit ? » Là, j'approche le téléphone de toi, mais tu ne fais aucun bruit... Mais ta mamie s'exclame tout de même : « Tu as accouché ? » « Oui »... Elle ne s'y attendait pas, je ne l'avais évidemment pas prévenue, elle était trop loin de toute façon, et vu la durée, ça valait mieux, ça l'aurait inquiétée. Elle m'en a remerciée, d'ailleurs. Nous avons discuté un moment, elle m'a passé ma soeur, mais là, rapidement, Nathalie revient et nous dit que le portable n'est pas autorisé ici ! Donc, j'éteins le téléphone et je ne peux prévenir personne d'autre. Dommage pour mes copines du net qui n'ont cessé de m'encourager par textos pendant ces longues heures et qui s'inquiétaient beaucoup de mon sort.
Phil s'en va, Nathalie tente une deuxième mise au sein et tu as vaguement tété deux petites minutes avant de te rendormir...
Nathalie m'a proposé de me lever, il devait être 22h passées. Elle m'a dit de profiter une dernière fois de la baignoire pour prendre une douche. Je me suis levée, c'est dingue ce qu'on peut perdre comme sang, je suis allée me doucher, je suis sortie et je me sentais oppressée. Ca vient sans doute de tous les organes qui changent de place pendant la grossesse et qui peinent à s'y retrouver par la suite...
Enfin, au bout d'un long moment encore, on est venu me chercher et je suis retournée dans ma chambre en chaise roulante, poussant le berceau de ma fierté. Il est 23h passées et je m'empresse de rallumer mon portable, histoire de rassurer les uns (qui finalement avaient appris la nouvelle par ton papa qui avait posté la nouvelle sur son forum et envoyé un mail) et de prévenir les autres. J'ai envoyé un MMS avec la toute première photo de toi à la plupart de mes contacts, te présentant ainsi :
Eh oui, notre petite Lilith, 47 cm et 2,810 kg, après bien des efforts et sans péridurale, est arrivée sur cette terre le 7 mars 2008, jour de nouvelle lune et de Sainte Félicité, à 19h17.
On me laisse dîner, et on me demande de sonner ensuite pour te remettre au sein. On me fait mettre sur le côté, couchée, pour que je puisse me reposer en même temps. Cette fois, tu acceptes de téter; et tu fais déjà ça très bien ! Deux personnes sont repassées ensuite pour le changement de sein, et étaient surprises de me voir réveillée, eh oui, malgré toutes ces heures sans dormir, il m'était difficile de me reposer avec l'excitation de ta naissance... On a passé la nuit en peau à peau, pour que tu te réchauffes et que tu têtes... Les nuits suivantes ont été avares en sommeil aussi, et encore jusqu'à présent (le 29 avril... Eh oui, j'ai mis longtemps à écrire ce texte, depuis les deux pages écrites à la maternité, je n'y ai presque plus touché, tu me prends tellement de temps !), je dors peu, mais j'arrive à ne plus être trop fatiguée, on se fait à ce rythme, et puis, c'est pour toi... Mon amour pour toi croît de jour en jour, plus ça va et plus je me dis que je peux tout te pardonner, tu me fais complètement craquer, mon coeur. Ta petite main qui malaxe mon sein pendant les nombreuses tétées, ou bien qui s'accroche à un bout de vêtement au cas où quelqu'un ait la curieuse idée de te déloger, tes yeux clos, ton visage serein quand tu t'endors au sein ou dans l'écharpe, tes sourires de plus en plus nombreux, ton visage si expressif et si beau, tes gazouillis me font fondre. Ma vie a basculé le 7 mars à 19h17, je connaissais le grand amour grâce à ton papa, me voilà à présent « victime » de l'amour inconditionnel d'une mère pour son enfant.
Merci à toi de t'être imposée à nous et merci à ton papa pour m'avoir donné le plus beau des présents...
Anecdote rigolote : pendant le week-end, j'ai vu la même sage-femme de garde, très sympa, et la même puéricultrice, sympa aussi. Et le lundi, j'ai vu un personnel différent. Et surtout, quelle ne fut pas ma surprise de voir entrer dans ma chambre, le lundi matin, cette personne si antipathique qui m'avait tant déplu aux pires moments du travail. Elle s'est présentée, Nadine, sage-femme de garde, on s'est vu le jour de l'accouchement. Je lui dis que je m'en souviens. Elle m'examine et commence à me parler de ma sage-femme, Paloma et des conditions dans lesquelles je suis arrivée à l'hôpital de Nanterre. Je comprends vite que c'est à cause de ça qu'elle m'a parlé si sèchement trois jours auparavant. Elle me dit que ce n'est pas ma faute mais qu'ils ont trouvé ça cavalier de la part de Paloma. J'essaie de lui expliquer, mais bon, c'est peine perdue, elle a manifestement une dent contre Paloma, je soupçonne que ça ne date pas d'hier. J'en parlerai à Paloma quelques jours plus tard, elle voit très bien de qui il s'agit, apparemment, Nadine est jalouse d'elle et de sa façon de faire son métier depuis très longtemps. Avec le recul, cette histoire me fait sourire, à sa façon, Nadine restera dans ma mémoire comme la seule personne que j'ai réellement détesté le jour de ta naissance !
Autre anecdote : le lendemain de ta naissance, le soir, alors que ton papa était encore là, quelqu'un a frappé à la porte. C'était Juliette. Elle était partie sans nous dire au revoir après l'accouchement, vu que c'était la fin de sa garde, et elle a repensé à nous par la suite. Embêtée de nous avoir oubliés, elle est donc venue nous voir ce soir-là, encore une preuve que cette fille est vraiment chouette et passionnée par son métier. On a un peu discuté, je lui ai parlé de la conversation que j'avais eue avec Nathalie au sujet de la nourriture et des boissons, et elle m'a dit qu'en effet, elle n'avait pas le pouvoir de me laisser boire ou manger, mais qu'elle-même n'approuve pas l'interdiction, d'ailleurs, elle travaille dans deux endroits, et dans l'autre, ils sont beaucoup plus souples là-dessus, semble-t-il... Elle n'est pas restée longtemps, mais sa visite m'a fait très plaisir. Je l'ai remerciée pour tout, par contre, je n'ai pas pensé à prendre une photo d'elle avec toi dans les bras, c'est bien dommage...
16:57 Publié dans Accouchement | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lilith, bébé, naissance, accouchement, long, naturel, bonheur
15.03.2008
Lilith, princesse de la lune noire, est née!
Une note rapide pour vous annoncer que Lilith est bien arrivée sur cette terre le 7 mars 2008 à 19h17. C'est une très jolie crevette de 47 cm pour 2,810 kg. Tu n'aurais pas pu trouver meilleure date: le chiffre 7 est censé être magique et porter bonheur, le 7 mars, on fête la Sainte Félicité, et ce jour-là était jour de lune noire. Or, ton prénom est aussi un nom donné à cette nouvelle lune... Nous ne l'avons pas fait exprès, ce prénom était prioritaire depuis longtemps (en balance avec un autre, solaire, celui-là, que tu portes en deuxième prénom : Maïa),le hasard fait parfois bien les choses. Retour sur une naissance assez chaotique et un accouchement assez éloigné de ce qui était prévu bientôt. Quelques photos de ma lilipuce en attendant, et toujours le lien sur les vidéos ici.
01:28 Publié dans Accouchement | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : accouchement, naissance, bébé, lilith, lune noire
23.02.2008
Vidéos...
J'oubliais : j'ai fait quelques vidéos de Dianophiloute l'agitée du bocal, elles sont rassemblées ici pour ceux qui veulent jeter un oeil !
15:29 Publié dans Grossesse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : vidéo, mouvements, bébé
Retour sur le huitième mois...
Le 8ème mois, qui s'est achevé il y a peu, fut probablement le mois le plus intéressant globalement de ma grossesse. Déjà, c'est durant ce mois-ci (dès le début, d'ailleurs) que mon ventre, ta présence, s'est révélée aux yeux « du monde ». Jusqu'à présent, seuls les gens qui me connaissaient semblaient remarquer le changement. Là, à peine entrée dans ce 8ème mois, une femme m'a enfin laissé sa place dans le RER. J'étais à la fois embarrassée et fière, et comme je le disais à mes copines en rigolant : attendre plus de sept mois pour ça, je vais pas beaucoup en profiter ! D'autant que, bien sûr, ce n'est pas systématique, il reste encore des gens pour ne pas voir (ou faire semblant) mon ventre. Comme j'ai la chance d'avoir encore la forme, soit je reste debout, soit je force ma nature et je demande, notamment s'il y a du monde et que je suis trop serrée. Dans l'ensemble, il m'est quand même beaucoup plus facile qu'avant de m'asseoir dans les transports.
C'est également pendant ce mois que les photos ont commencé à avoir un réel intérêt à mes yeux. Certes, mon ventre s'arrondissait bien depuis décembre, mais là, je ressemblais vraiment enfin à une femme enceinte et je trouvais les photos plus jolies. En plus, j'ai la chance de ne prendre (presque) que là et donc, de rester assez fine par ailleurs. C'est donc tout bénéfice... Je ne me sens pas « grosse baleine », juste épanouie ! Je rentre d'ailleurs toujours dans la plupart de mes pantalons habituels, si ce n'est que je ne peux plus les fermer, en général (vive le bandeau de grossesse !). Ca n'empêche pas ton papa de m'appeler la grosse à tout bout de champ et de me vanner (dernière en date : je commence à rouler plus que marcher, a-t-il écrit dans un mail à des amis pour qu'on aille au ciné le plus proche ! Quand je pense que je marche trois fois plus vite que les autres futures mamans que je croise et que je suis l'une des rares, au yoga prénatal, à pouvoir encore faire tous les exercices... Enfin, sache que ton papa se damnerait pour un bon mot, je pense que tu en feras les frais rapidement toi aussi !) dès qu'il en a l'occasion, mais bon, il est comme ça, on ne le changera pas, hein ! En général, je lui rappelle que lui aussi a pris du poids (pas beaucoup, mais bon) et qu'il reste largement plus lourd que moi malgré nos seulement 3 cm d'écart ! Ceci dit, niveau ventre, je gagne, mais depuis peu ! Hé hé...
En ce qui te concerne, tout va bien... Tu es censée commencer à moins bouger, par manque de place, mais tu ne t'en es pas encore rendu compte ! Peut-être est-ce parce que tu n'as jamais eu tellement de place, finalement, et tu as réussi à t'en accommoder ! Quoiqu'il en soit, c'est toujours la fête dans mon ventre, notamment autour de la pleine lune, je l'ai remarqué. Les fêtes de fin d'année ont eu lieu en période de pleine lune, et c'est à ce moment-là que tu es devenue une gigoteuse, et depuis, ça s'est répété à chaque fois, encore là, il y a quelques jours, et notamment une nuit, tu as fait la bamboula et je me suis même demandé si tu allais bien vouloir attendre mars pour sortir...
Physiquement, comme je le disais, j'ai toujours la pêche. Enfin, il y a bien quelques jours plus difficiles que d'autres, mais dans l'ensemble ça va ! J'attends avec une relative impatience, quand même, mon congé maternité, qui débutera le 8 février au soir. Les filles sont fatigantes, elles ont eu une période plus calme mais c'est terminé ! La petite est redevenue un démon, la cadette est en mode lourdingue, et l'aînée est égale à elle-même, un jour mignonne, le lendemain tête à claques... Bref, je me dis que je les laisserai sans regret et que, décidément, je ne reviendrai probablement pas. De toute façon, la mère m'a laissé entendre que ce n'est pas possible que je vienne avec toi, donc je vais essayer de trouver une autre famille qui accepterait ta présence. Lors de ma dernière semaine de travail, la nounou qui me remplace est venue, elle s'est vite rendu compte que les filles n'avaient rien des gentilles petites filles bien élevées qu'elle avait vues à l'entretien, je me demande comment elle s'en sort !
Quelques désagréments ont quand même fait leur apparition (ou bien existaient déjà, mais sont devenus plus envahissants) : des crampes de plus en plus souvent, et un peu partout : mollets bien sûr, pieds, orteils, hanche parfois... Ma sage-femme m'a prescrit un traitement homéopathique et m'a conseillé les bananes, chose rigolote car j'ai justement envie de bananes en ce moment, et comme on dit qu'on a envie de ce dont on a besoin, enceinte, je crois que dans mon cas, ça se vérifie. D'ailleurs, j'essaie de manger une banane par jour, et plus de crampes, pourtant, je n'ai toujours pas acheté le traitement homéo !
J'ai également un peu plus de reflux gastriques, j'avais été épargnée jusqu'alors et n'en était pas mécontente (doux euphémisme), ayant été victime de ça il y a quelques années, sans être enceinte. Ca reste supportable, mais c'est une preuve de plus que tu n'as aucune envie de sortir, car les reflux ont normalement tendance à se calmer en fin de grossesse car le bébé descend. Toi, tu restes haute...
Bon, et évidemment, problème récurrent : mes nuits ! Il s'agit déjà d'un problème pour moi en temps normal, mais en cette fin de grossesse, forcément, ça ne s'arrange pas ! Je me lève minimum deux fois pour faire pipi, et après, il faut se rendormir. Chose pas facile quand on a du mal à trouver une position confortable, pour soi, et pour mademoiselle qui tape quand ça ne lui convient pas (c'est d'ailleurs au courant de ce mois, il me semble, que j'ai réellement renoncé à ma position fétiche, sur le ventre, même si toi, tu aurais préféré que j'y renonce bien plus tôt !), et qu'en plus, on a pour voisin de lit un gars au nez régulièrement bouché par l'hiver, qui « oublie » de se moucher et du coup respire bruyamment, que ce soit par le nez ou, plus volontiers, par la bouche, et qui se met régulièrement à ronfler ! Bon, je l'aime quand même, ton papa, mais j'avoue qu'en ce moment, je ne suis pas mécontente quand le réveil sonne et qu'il doit se lever pour aller travailler, ça me permet de récupérer un lit entier (oui, parce que cela va de soi, il prend également beaucoup de place !) et surtout...silencieux ! Et du coup, il est de plus en plus fréquent que je me rendorme entre 8h et 10h, voire 11h après une insomnie de 6 à 8... Il y a du décalage de sommeil en vue, mais bon, il paraît que je suis censée dormir tant que je peux, alors, autant en profiter !
De ton côté, il t'arrive de plus en plus de me balancer des coups plutôt désagréables, voire limite douloureux ! Les coups dans les côtes ont commencé pendant le 7ème mois, peu avant la dernière échographie, et puis il t'arrive de temps en temps de jouer avec ma vessie (quel plaisir !) et, plus souvent, surtout quand je suis fatiguée ou stressée (ça m'est arrivé pas mal de fois alors que j'étais en train de m'énerver contre les filles que je garde, notamment !), de jouer avec mon col, qui pourtant reste fermé, apparemment. Les décharges électriques dans le col, très agréable, ça !
Niveau poids, eh bien, ressembler enfin à une femme enceinte aux yeux de tous a un prix ! Eh oui, nous enregistrons la plus forte progression de la grossesse avec +2,3 kg à presque 8 mois (je me suis pesée de nouveau avant-hier pour vérifier, et il semble que ça n'ait pas bougé), ce qui nous amène à 61,5 kg (cap des 60 kilos franchis en début de mois, pour la première fois de ma vie !), 7,5 kg pris en 8 mois, ça reste tout à fait raisonnable, mais c'est toujours impressionnant de prendre presque un kilo en une semaine, ce qui a été le cas pour moi lors de la semaine passée ! Enfin, je n'en fais pas un drame, ça serait idiot de ma part en plus, car je prends moins que la moyenne. Je me suis même « autorisé » 3 kilos pour le dernier mois (vu que je pense que tu vas jusqu'au bout ou presque, à ma grande joie, profiter du ventre de ta maman), ça me laisse de la marge ! Avec ma tendance à grignoter et le fait que je suis à présent en congé, je pars du principe que je vais forcément prendre plus lors de ce dernier mois... On verra !
Bon, j'ai l'impression que j'oublie des choses... Tant pis, si ça me revient, ça fera l'objet d'une note particulière... De toute façon, il faut bien que je le nourrisse, ce pauvre blog, maintenant que je suis en congé ! Alors on va dire que c'est tout pour aujourd'hui, et à très bientôt !
NB : je rappelle que le bébé virtuel en haut à gauche de mon blog compte 40 semaines d'aménorrhée, alors qu'en France, en tout cas pour la sécu, on compte 41 semaines... Bref, je ne sais pas si j'irai au bout des 41 semaines, c'est plus fréquent d'accoucher avant, mais je voulais préciser que dans l'absolu, il me reste 8 jours de plus que ce qui s'affiche !
Photos prises au cours de ce huitième mois :
10:55 Publié dans Grossesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grossesse, 8ème mois, bébé, bonheur, mouvements, désagréments, maman
21.02.2008
Dans quatre semaines maximum, tu seras dans mes bras...
Eh bien voilà... Je suis entrée dans le 9ème mois aujourd'hui, dernière ligne droite ! C'est très étrange de se dire que dans quelques semaines, tu ne seras plus dans mon ventre, mais dans les bras de ton papa ou de ta maman, et plus encore de réaliser que si tu décidais de naître dès maintenant, tu ne serais pas prématurée. Il y a encore deux semaines, tout ça me paraissait encore bien loin, là, je commence à m'y faire. Il m'a fallu la moitié de ma grossesse pour me sentir enceinte, il me faut bien l'autre moitié pour prendre réellement conscience que je vais devoir te mettre au monde et devenir une maman responsable. Donc, je t'en conjure, prends le temps qu'il te faudra, qu'il me faudra ! Je suis tellement heureuse enceinte, tout se passe tellement bien, et puis je ne sais pas si je connaîtrai d'autres grossesses, alors je veux profiter de celle-ci au maximum. Je ne veux rien regretter, et quand tu naîtras, j'aurai tout le reste de ma vie pour m'émerveiller de la tienne, alors reste bien au chaud encore quelques semaines, pour profiter des bienfaits de mon ventre et laisser ta maman achever cette merveilleuse grossesse qu'elle a vécue. Apparemment, c'est bien parti pour durer encore... Mon ventre est haut, aux dires de l'entourage, et aux dernières nouvelles, tout était bien verrouillé, selon ma sage-femme. C'est que tu dois te plaire en moi autant que ta maman apprécie ta présence... C'est mieux pour toi, de toute façon, chaque jour de plus que tu y passeras, tu prendras des forces supplémentaires pour affronter la vie à l'extérieur. Comme je te le disais il y a quelque temps, on va bientôt faire une sacrée expérience, toi et moi... Je mettrai au monde un bébé, et toi, en plus de faire naître une maman, tu devras apprendre une nouvelle vie tellement différente de celle que tu as depuis neuf mois. Ca donne le vertige, quand on y pense... Nous sommes tous passés par là, et pourtant, nous ne pouvons qu'imaginer ce que représente le passage d'un monde calme, paisible, aquatique, ou tout nous est apporté sur un plateau et où on a une certaine liberté de mouvements à un autre monde bruyant, lumineux, trop grand, dans lequel on devient d'un coup totalement dépendant de deux personnes qu'on appelle les parents et qui ne comprennent rien à ce qu'on leur réclame, au début ! J'espère que le passage se fera le plus en douceur possible, c'est d'ailleurs en grande partie pour ça que j'ai choisi l'accompagnement global avec une sage-femme, en vue d'un accouchement aussi naturel que possible.
Comme je le disais, je commence quand même à réaliser : nous avons reçu il y a quelques semaines notre nouveau lave-linge et par conséquent, on a commencé à laver ton linge. Les valises ne sont pas prêtes, mais certaines choses sont d'ores et déjà mises de côté. C'est grisant de voir toutes ces petites affaires et de t'imaginer dedans... La préparation à l'accouchement est bientôt finie, et les « marsettes 2008 » de Doctissimo ont déjà commencé à accoucher, certaines un peu tôt, en janvier... Tout ça fait prendre conscience à ta maman que c'est pour bientôt. Du coup, il y a deux semaines, l'accouchement était inenvisageable, à présent il l'est, et je commence aussi à avoir hâte de voir ta bouille... Mais je ne suis pas taraudée par l'impatience car je sais que ces quatre dernières semaines passeront de toute façon aussi vite que le reste, et que le temps de dire ouf (oui, bon, peut-être un peu plus !), tu seras passée d'un alien jouant à la pâte à modeler avec mon ventre à un vrai bébé qu'il faudra apprendre à comprendre.
Je te parle de plus en plus... Je t'ai demandé de ne pas trop faire souffrir ta maman quand tu te décideras, d'essayer d'arriver le plus rapidement possible pour t'éviter des souffrances inutiles à toi aussi, on verra si ça marche ! Déjà, a priori, tu es dans la meilleure position possible pour sortir (encore que, tu gigotes encore beaucoup, donc on ne sait jamais le genre de blagues que tu pourrais me faire d'ici la fin !), la tête en bas, le dos à gauche. J'ai vu hier l'ostéopathe qui fait des consultations chez ma sage-femme, pour vérifier notamment que le bassin est bien, et apparemment, tout est bon, la seule chose, c'est qu'il faut que j'apprenne à vraiment me relâcher complètement (tout le monde me dit ça, ça en devient inquiétant !) pour que tu viennes plus facilement, et que d'ailleurs, mon périnée est très tonique, il faudrait que je l'assouplisse d'ici à ce que tu arrives... L'ostéopathe m'a conseillé de me mettre souvent en tailleur (la position, évidemment, pas les vêtements !), et lundi, j'ai la dernière séance de préparation, justement sur le périnée, donc j'aurai sans doute d'autres conseils à appliquer, ainsi que des exercices appropriés avec le yoga... Sinon, tout va bien, je n'ai pas de souci à me faire...
C'est curieux, car je ne m'en fais pas tellement, finalement... Enfin, j'ai bien quelques petites angoisses, notamment cette histoire de relâchement qui me perturbe un peu, je me demande si j'en serai capable, à force de m'entendre dire que c'est ma faiblesse ! Mais bon, dans l'ensemble, l'accouchement ne me fait pas peur. C'est probablement grâce au discours de Paloma, ma sage-femme, qui est très rassurant. Et aussi parce que j'ai dû attendre pas mal avant de tomber enceinte, donc j'ai eu le temps de réfléchir à la question : après tout, c'est un acte naturel, la plupart des femmes le vivent et elles s'en sortent, alors il n'y a pas de raison... De plus, je compte bien, après une grossesse réussie, avoir un accouchement réussi également ! En tout cas, ça m'encourage et me donne confiance...
Non, ma plus grande crainte actuellement, c'est le chamboulement que tu vas amener dans nos vies : ton papa a de l'expérience, certes, mais les nouveaux-nés, ce n'est quand même pas trop son truc, a priori, même s'il a plus de bouteille que pour ses précédentes expériences. Quant à moi, je suis novice, alors évidemment, je me demande si je vais arriver à gérer. Combien de temps mettrai-je à comprendre et distinguer tes pleurs ? Est-ce que je vais assurer ou bien me laisser dépasser ? J'accorde énormément d'importance à l'allaitement, est-ce que je vais le réussir, et si non, comment le vivrai-je ? Et puis avec tout le bonheur que m'a apporté cette grossesse, je me dis que la chute d'hormones risque d'être terrible et j'ai un peu peur du baby blues. On dit qu'aucune maman n'y échappe, mais qu'après il est plus ou moins prononcé. J'en ai parlé à ton papa, parce que rien ne serait plus terrible que de l'entendre dire : « Tu l'as voulu, alors maintenant, tu vas pas pleurer ! », donc je préfère prévenir ! Si ça se trouve, tout se passera bien, c'est ce que je me dis à d'autres moments d'ailleurs : après quelques jours de flottement, on prendra le rythme et on s'organisera autant que possible... Enfin, on verra bien, tout ça, on le découvrira dans quelques semaines, espérons que les choses se passeront au mieux !
Voilà, c'était un aperçu de ce qui passe par la tête de ta maman en ce moment...
17:13 Publié dans Grossesse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : 8 mois de grossesse, dernière ligne droite, bébé, foetus, questionnement
Septième mois
Eh bien, moi qui voulais me pencher un peu plus sur ce dernier trimestre que sur les deux autres, voilà que je me suis encore laissée déborder, et donc je vais parler du septième et du huitième mois quasiment dans la continuité alors que j'aurais bien voulu consacrer plus de temps à chacun...
Ce 7ème mois a commencé sur les chapeaux de roue. En effet, nous sommes partis dès le 22 décembre pour quelques jours dans ma famille, avec la fameuse épopée que j'avais évoquée. Tout s'est très bien passé, que ce soit en train, en car, en voiture, tu as très bien réagi (ça t'a plu, on dirait, tu t'es changée en excitée à partir de ce moment-là !), et je n'ai pas été plus fatiguée que ça, malgré les mauvaises nuits (c'est déjà difficile pour moi de ne pas dormir dans mon lit d'habitude, mais là, en trois nuits, trois lits différents, dur-dur !). Ma famille m'a quand même trouvée arrondie, mais pas trop, enfin surtout du côté de ma mère, car du côté de mon père, pour le réveillon, j'avais mis une tunique noire qui a fait halluciner tout le monde : « Mais il est où, ton ventre ? » « T'es enceinte de combien, là ? 6 mois ??? Mais si c'est comme ça, je tombe enceinte tout de suite, moi ! »
Ta grand-mère, chez qui j'ai débarqué le 22 au soir, a fait mine de pleurer en disant : « Mais j'étais quatre fois plus grosse, moi ! » Bref, même si ça commençait à se voir à ce moment-là, tu restais encore discrète !
Comme je le disais, c'est pendant les fêtes que, de relativement calme a priori, tu es passée à déchaînée ! Tu bougeais pendant les trajets, tu as fait la fiesta avec nous lors de la remise des cadeaux de Noël, notamment chez ma tante Béatrice... L'ambiance a dû te plaire, je me demande comment tu seras pour les prochaines fêtes !
J'ai passé la dernière nuit (du 24 au 25) chez ton arrière grand-mère, âgée de 87 ans. C'est la maman de ma maman. Nous sommes arrivés bien tard, peu avant 3h, et elle nous avait attendus ! Elle avait mis un mot mais préférait me prévenir de vive voix de faire attention à la marche dans le couloir de sa maison, qu'il ne faudrait pas que je tombe... C'était mignon (même si je la connais très bien, cette maison, mais bon, à son âge, la mémoire lui joue des tours !).
C'est cette nuit-là que j'ai le mieux dormi. 5H30 d'affilée seulement, mais j'étais en pleine forme par la suite ! D'ailleurs, j'ai bien dû écouter la musique sur mon Ipod pendant deux heures avant que ton papa ne se réveille... Et là encore, tu étais déchaînée. Il faisait noir malheureusement, car à un moment, tu as fait un mouvement assez énorme pour venir te caler sous ma main... J'aurais bien voulu voir à quoi ça ressemblait, j'imagine mon ventre avec une boule à gauche et plus grand-chose à droite ! C'était adorable...
Tu as bien voulu faire coucou à ton oncle Axel, mon frère, il a senti un petit coup en posant sa main, ce qui a fait gentiment enrager ta grand-mère, qui avait essayé sans succès les jours précédents !
Ces trois jours sont évidemment passés très vite... Le soir du 25, nous avons pris le TGV pour revenir à Nanterre : voyage calme, passagers fatigués, je pense !
Depuis ce moment-là, tu n'as jamais cessé de bouger plus de quelques heures. A se demander si tu dors... Bon, tu dois bouger en dormant, comme ton père ! D'ailleurs, plus ça va, et plus je dis à Phil que tu tiens de lui : tu bouges tout le temps, tu râles quand quelque chose ne te convient pas (si j'essaie de me mettre sur le ventre, par exemple, et même sur les côtés, tu tapes sur le matelas !), bref, je ne peux plus t'ignorer ! Même visuellement, tu commences à bien montrer ta présence... enfin, aux gens qui connaissent ta maman, parce que pour les autres, ce n'est pas encore ça ! Pendant les soldes, j'ai testé les caisses prioritaires, on a voulu faire passer devant moi d'autres femmes enceintes, par exemple ! Et ce n'est pas encore ce mois-ci qu'on m'aura cédé une place dans les transports... Pour ça, il faudra attendre l'entrée dans le 8ème mois !
Nous avons passé le réveillon du Nouvel An avec tes grands-parents paternels, ainsi que tes frère et soeurs. Tes grands-parents sont restés à peine deux jours, mais bon, c'est déjà pas mal pour eux, depuis qu'ils ont quitté la région parisienne, ils y reviennent le moins possible ! Eux aussi m'ont demandé si j'étais bien enceinte, en me voyant ! Mais bon, là encore, selon ce que je portais, ça se voyait plus ou moins, et le lendemain, ils ont dit que ça se voyait beaucoup plus ! C'est Pépé qui a pris la photo où ton papa fait un bisou sur mon ventre. Mémé t'a également fait un bisou de bonne année, d'ailleurs, ils attendent avec impatience ton arrivée, et se plaignent régulièrement que je ne mette pas à jour mon blog !
A la toute fin de ce septième mois, le 19 janvier, j'ai passé la troisième échographie, celle des 32 semaines d'aménorrhée... J'ai passé la première dans un cabinet avec du matériel très pointu, la seconde à la maternité de Nanterre, et pour la troisième, il a fallu que j'aille dans un troisième endroit, car déjà, je n'accouche plus à Nanterre, et le premier cabinet n'a pas voulu de moi parce que je n'avais pas passé la deuxième écho chez eux ! Heureusement, j'ai pu sans problème la passer dans le cabinet le plus près de chez moi. Malheureusement, leur matériel semble limité, et les photos ne rendent pas bien, du coup. Mais la dame était fort sympathique et n'a fait que nous confirmer que tout allait bien, et que tu as une vitalité du tonnerre ! Elle nous a souhaité bon courage, d'ailleurs ! Depuis, ton papa te surnomme « l'agitée du bocal »... Chouette, non ?
Pour résumer, tu es un bébé tout à fait dans la moyenne, ni trop gros, ni trop petit, toutes tes mesures sont entre le 40ème et le 60ème percentile, en gros (50 étant la moyenne). Tu pesais environ 1,960kgs et si on se base sur la taille de ton fémur (il paraît qu'il faut multiplier la longuer du fémur par 7 pour avoir une estimation de la taille), tu mesurais environ 44cm, donc peut-être plus grande que grosse !
J'ai eu quand même une angoisse pendant 24 heures... Sur le compte-rendu, ils ont fait une erreur, et comme je suis curieuse, et que de toute façon, en fréquentant des forums, on est forcément amené à comparer, je me suis rendu compte qu'il y avait forcément quelque chose qui n'allait pas avec cette mesure. Et j'avais beau essayer de me raisonner en me disant que si le compte-rendu disait « Grossesse mono foetale se développant harmonieusement en accord avec le terme théorique », il n'y avait aucune raison de s'inquiéter, j'ai quand même scruté longuement l'écho pour y trouver la solution, et j'ai fini par y arriver : sur les photos, la mesure en question (le DOF, qui mesure la largeur de la tête, apparemment) est de 96,6mm, alors que sur le compte-rendu, il est marqué 87,6mm... A l'oral, les deux se ressemblent, donc l'erreur est facile, mais quand même, ça m'a bien angoissée et m'a pourri une nuit ! Il faut dire que les bébés qui ont des mesures aussi faibles dans ce domaine sont souvent diminués intellectuellement, d'ailleurs, c'est un des signes de la trisomie... Ce fut donc le soulagement quand j'ai mis le doigt sur l'erreur !
Depuis, j'ai amené l'échographie à ma sage-femme, qui n'a même pas relevé l'erreur et a dit que tu es un beau bébé bien harmonieux, bref, ça me rend assez fière, je dois dire, de voir que je te porte aussi bien et que tu évolues sereinement dans mon ventre... C'est idiot, car finalement, je n'y suis pour rien, c'est mon corps qui gère tout ça de main de maître... Mais quand je vois la plupart des filles que je côtoie chez les « marsettes 2008 », je me rends compte de ma chance... Une grossesse pareille, c'est incroyable : je ne me prive pas, je grossis peu, je n'ai mal quasiment nulle part, jamais eu de nausées, je suis en forme physique autant que mentale, et toi, tu grossis tranquillement et normalement, bref, le rêve de toute femme... Si jamais j'ai la chance de connaître une autre grossesse, j'espère que ce sera le même topo... Et si l'accouchement pouvait se dérouler de la même manière, je signe tout de suite !
Côté poids, après les 2,2kgs pris lors du 6ème mois, ça s'est calmé : je n'ai pris que 500 grammes ! Curieux, avec les fêtes qui sont passées par là, mais bon, justement, je pense que j'ai moins grignoté et plus mangé aux repas, ça joue... 59,2kgs, + (5,2kgs en 7 mois)
Photos prises pendant le 7ème mois + une photo de la troisième échographie :
17:10 Publié dans Grossesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 7ème mois, grossesse, bébé, foetus, 3ème échographie, 32 semaines
13.02.2008
Congé maternité...
Me voilà depuis le début de la semaine en congé maternité. Je vais donc enfin pouvoir m'atteler plus sérieusement à ce blog, et ne plus le laisser en plan pendant plus d'un mois...en tout cas, je l'espère ! N'hésitez surtout pas à me relancer si vous estimez que j'ai besoin d'un coup de pied où je pense !
J'ai pas mal de choses à rattraper : il faudrait que j'évoque mon 7ème mois, ma troisième échographie, la préparation à l'accouchement, entre autres... J'espère trouver la motivation nécessaire pour tout ça. Sachez en tout cas que, apparemment, je suis encore là pour plusieurs semaines, puisque, selon ma sage-femme, tout est encore bien en place... Encore un petit mois, m'a-t-elle dit, vu que la date de la sécu est une date-butoir, et que peu de femmes vont jusque là... D'ailleurs, le bébé virtuel que vous pouvez voir évoluer en haut à gauche de mon blog est fait via un site étranger qui compte une semaine de moins que la sécu.
Bon, tout peut changer d'un jour à l'autre, et autant dans 10 jours, j'aurai accouché (après tout, à partir du 21 février, elle ne sera plus considérée comme prématurée et pourra arriver quand elle le souhaite), mais depuis le début, j'ai le sentiment que la mistinguette prendra son temps. J'espère juste qu'elle ne dépassera pas le terme, car il paraît que c'est assez pénible ! Il faudra aussi que j'évoque ce qui me passe par la tête en ce moment, car ça cogite pas mal (mais ça pourrait être pire, me connaissant !)...
Une petite photo que j'aime beaucoup, pour vous aider à patienter... Vous la connaissez déjà, pour la plupart, mais bon !
01/01/08, Phil souhaite une bonne année à Dianophiloute !
A très bientôt !
12:15 Publié dans Grossesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : congé maternité, blog prenant la poussière, reprise en main, nouvelles, bébé, fin de grossesse
17.11.2007
Echo morpho
L'échographie morphologique est la plus importante de la grossesse. D'ailleurs, c'est la seule qui soit obligatoire en France, même si deux autres sont conseillées. Après ma première écho, celle des 12 semaines d'aménorrhée, j'avais donc rendez-vous le 8 novembre dernier pour voir mon bébé sous toutes les coutures. Cette échographie est la plus longue (il me semble qu'elle a duré près d'une heure, mais la moyenne est de 45 minutes) et la plus détaillée, c'est celle qui permet de dépister les anomalies éventuelles (mais il est bien précisé sur mon compte-rendu que ça ne dépiste pas tout, bien évidemment).
Rendez-vous était pris depuis plusieurs mois à la maternité de Nanterre. C'était le seul qui me restait là-bas (à part un rendez-vous avec l'obstétricien en chef et l'anesthésiste peu avant l'accouchement) car étant suivie par une sage-femme libérale qui travaille en plateau technique (ce qui veut dire qu'elle aide les femmes à accoucher dans une maternité mais qu'elle n'y travaille pas, elle a juste des accords avec certaines maternités), mes autres rendez-vous étaient devenus inutiles, et pour ce qui est de la troisième échographie, la dame que j'ai eu au téléphone m'a demandé si je pouvais la faire dans un cabinet privé, car ils réservent leurs plages horaires aux femmes qui n'ont pas de mutuelle (et à celles qui accouchent avec leur personnel, j'imagine...). Mais j'avais gardé cette date pour la deuxième écho car ça aurait été peut-être difficile pour moi de trouver une place ailleurs dans un court laps de temps. A posteriori, je me dis que j'aurais mieux fait d'aller dans le cabinet où j'ai fait la première échographie, j'aurais moins attendu et les résultats auraient probablement été plus nets (ainsi que les photos !)... Mais bon, c'est fait, et ça m'aura au moins permis de ne pas avoir d'argent à avancer sur l'échographie la plus chère, ce n'est pas rien vu l'état de mes finances ! Ca m'aura aussi permis de me dire que je n'accoucherai finalement pas là-bas, car ayant eu l'occasion d'aller récemment à la clinique de Rueil pour rendre visite à une amie tout juste maman, je me suis aperçue que ça avait l'air beaucoup plus calme et plus intime qu'à Nanterre. Et comme ma sage-femme a justement une préférence pour Rueil, je pense que j'accoucherai là-bas. Mais j'y reviendrai dans une prochaine note.
Ton papa avait pris sa journée, comme pour l'écho précédente et comme la prochaine, j'espère ! Pour ma part, j'avais aussi prévenu les parents des enfants dont je m'occupe car avec un rendez-vous à 16h pour un examen durant environ 45 minutes, j'aurais eu du mal à les récupérer à l'école à 16h30 dans une autre ville ! Ca nous a permis de passer la journée ensemble, ce qui est toujours agréable !
Nous avons d'abord dû passer au tiers payant, une demi-heure avant m'avait-on dit, ça ne nous a même pas pris 10 minutes, ensuite il a fallu me faire un dossier à la maternité, puis on m'a demandé de patienter. Il devait être 15h45 à tout casser... et on nous a fait patienter jusqu'à 17h ! Ton papa, toujours patient, fulminait dans son coin, d'autant qu'on avait prévu de se faire un ciné et un resto à la Défense ensuite, projets mis à mal vu l'heure à laquelle nous sommes sortis ! De mon côté, j'essayais de patienter plus tranquillement. Curieusement, contrairement à la première écho avant laquelle j'étais assez angoissée, j'étais plutôt sereine. Je me dis que j'ai à présent dépassé la moitié de ma grossesse, pas de fausse couche, pas de saignements, toujours très peu de symptômes, tout se passe bien, mes analyses sont bonnes, je n'ai pas eu de nouvelles de ma doctoresse pour le tritest ce qui est bon signe, bref, tout roule ! On n'est évidemment jamais à l'abri d'une tuile mais je n'y pense quasiment jamais. Je ne sais pas pourquoi j'ai autant confiance, ce n'est pas mon fort habituellement ! Ca doit être la façon dont tu es arrivé dans nos vies, le côté « Faites-moi de la place, puisque vous ne vous décidez pas, je m'impose » qui me pousse à être aussi positive.
On a fini par nous appeler, dans le cabinet, il y avait un gynécologue échographiste et une élève sage-femme. Le docteur nous a dit presque tout de suite : « Je vous laisse entre les mains expertes de mademoiselle ! », je me suis allongée, et la jeune sage-femme a posé le gel et mis la sonde. Première mauvaise surprise : l'écran qui se trouve dans mon angle de vision est petit, loin et il s'avère vite d'une qualité médiocre. Enfin, je te vois quand même, mais ça m'agace un peu, surtout que ton papa me glisse assez rapidement que l'autre écran est bien mieux ! C'était l'inverse dans le centre de ma première écho. Dommage !
Bon, tu es toujours là, tu as bien grossi, c'est évident (et bien normal !). Tu bouges les mains, les pieds, le reste. La sage-femme commence par nous montrer une vue assez générale du trésor qui se cache en moi et nous demande assez rapidement si on veut connaître le sexe. Nous disons oui, ton papa le souhaite, moi, je pense que j'aurais pu m'en passer, en fait, mais avec le recul, je me dis que je réalise bien mieux tout ça depuis que je sais si j'ai à faire à une petite fille ou bien à un petit garçon, ça me permet de me projeter dans l'avenir alors que jusqu'alors, tout ça restait assez abstrait (même si les petits coups que tu m'envoies depuis un mois environ m'ont aussi permis de réaliser !).
Et puis tes frère et soeurs eux aussi sont impatients de savoir, alors il faut penser à eux, et dans le cas où tu ne serais pas ce qu'ils espèrent, ça leur permettra d'avoir le temps de s'y faire !
La sage-femme essaie de voir, mais sans succès, apparemment, tu fais ton timide. Elle insiste un peu, le médecin se détourne alors de son ordinateur et dit « Alors, qu'est-ce que c'est ? », elle lui répond qu'elle a bien une idée mais qu'elle n'est pas sûre, et lui a alors regardé un écran et dit « Oh ben si, c'est.. » et la sage-femme de conclure « Une fille ? » « Oui, ça me paraît évident ! »
Là, le médecin a quitté la pièce et moi, j'ai regardé Phil pour voir s'il n'était pas déçu. Nous savions tous les deux que nous avions plus de chances que tu sois une fille car la relation amoureuse qui a permis ta conception a eu lieu trois jours avant mon ovulation. Or, les spermatozoïdes Y (garçons) sont plus rapides mais beaucoup plus fragiles que les X, qui avaient donc toutes leurs chances. Bref, tout cela n'est absolument pas romantique, mais ça explique que nous n'étions pas surpris. C'est vrai que ton papa aurait bien aimé un garçon pour avoir deux filles et deux fils, mais j'ai vite vu qu'au fond, il n'était pas déçu, il s'y était préparé et puis ça se saurait si on pouvait choisir sur commande le sexe de notre enfant, et en 2007, ce n'est pas encore ça, et tant mieux. Et très sincèrement, j'espère que ça ne sera pas chose courante quand tu seras grande car en plus de gâcher tout le côté « loterie » d'une grossesse, ça n'est pas à souhaiter pour l'humanité, à part peut-être dans des circonstances exceptionnelles (maladie génétique qui dépend du sexe, par exemple)...
Toujours est-il que j'ai regardé ton père et je me suis mise à pleurer, un peu comme quand j'ai entendu ton coeur lors de la première échographie, mais en moins agréable : dans mes sanglots, il y avait la tristesse due à la fin d'un suspense, la crainte d'une éventuelle déception des enfants de ton papa, le soulagement en voyant que ton papa, lui, n'avait pas l'air déçu, ainsi qu'en quelque sorte le deuil d'un bébé de l'autre sexe et en même temps l'immense joie d'avoir une fille. J'ai toujours voulu une fille, et en premier enfant, de préférence. Ces dernières années, j'ai tellement attendu ce moment d'être enceinte que plus ça allait, et plus je me fichais du sexe de mon ou de mes enfants à venir. Et au début de cette grossesse, j'avais encore plus mis en veilleuse mon envie d'avoir une petite fille parce que je voulais faire plaisir à Phil et aux enfants. Et puis avoir un fils aurait aussi été une grande joie, mais je réalise que malgré tout, une fille, c'est encore plus que ça pour moi : avoir une fille c'est avoir la chance de vivre la relation mère-fille dans les deux sens, relation complexe mais tellement exceptionnelle en règle générale. C'est l'espoir d'une relation proche, complice, câline, parfois difficile... Enfin bref, c'est difficile à expliquer. Toujours est-il que je suis très heureuse que tu sois une petite fille, car si je dois n'avoir qu'un seul enfant, je préfère que ce soit une fille, ce qui ne m'empêche pas d'espérer très fort qu'un jour, ton papa me fera un autre bébé, un garçon cette fois, comme ça, mon bonheur sera parfait !
Le reste de l'échographie a donc été consacré aux mesures diverses et variées et à la vérification que tout était bien en place. J'ai encore une fois eu le droit d'entendre les battements de ton coeur (mais je commence à m'habituer, ma sage-femme vérifie ça à chaque rendez-vous également !), il bat régulièrement et a été mesuré à 146 bpm. Ca a nettement baissé depuis l'écho des 12 semaines, et ça continuera jusqu'à l'accouchement. Tout va bien, tu es un beau bébé bien formé, aucun défaut apparent. Tu bougeais beaucoup, empêchant la jeune femme de prendre ses mesures correctement (en plus, quand on apprend, c'est d'autant moins évident j'imagine !) : « Mais arrête de bouger ! », a-t-elle dit en rigolant. Elle regardait la porte régulièrement, s'impatientant vu que le médecin ne revenait pas, elle a fini par l'ouvrir pour le faire revenir, mais ça a pris du temps. Heureusement, il a fini par prendre les choses en main, du coup, j'ai eu droit à du rab car il a refait l'écho pour vérifier les mesures et expliquer certaines choses à l'élève. Il nous a donc remontré tous tes organes, ta tête, ton coeur, le cordon, les petites mains et les petits pieds avec les nombres de doigts et orteils adéquat, les reins, l'estomac, etc. Il s'est exclamé « Quel beau bébé » une bonne dizaine de fois, et la sage-femme approuvait, j'étais contente, c'est marrant comme la fierté d'une mère peut commencer tôt ! Le docteur a pas mal blagué, notamment quand il a essayé d'estimer le poids, une première fois, tu étais une micro-puce de 419 grammes, là, j'ai eu quand même une légère angoisse quand la sage-femme a regardé mon dossier et m'a demandé si j'étais sûre du terme... « Euh, oui... » Bref, il l'a refait trois autres fois, et ton poids est monté jusqu'à 511 grammes ! Là, on a tous rigolé en imaginant que si ça continuait comme ça, je quitterai le cabinet avec un bébé sous le bras !
L'examen s'est finalement terminé, le médecin m'a dit de patienter dans la salle d'attente pendant qu'il imprimait le compte-rendu et les photos. J'étais surprise en sortant de voir qu'on avait passé une heure dans la salle d'échographie, le temps passe vite en ta compagnie !
En rentrant, nous avons étudié le compte-rendu, et j'ai trouvé les mesures assez étonnantes. Enfin, ce n'était pas les mesures en soi, car je n'y connais pas grand-chose, mais c'était l'indication à côté : 10ème percentile, 30ème percentile. Les percentiles, c'est en quelque sorte la courbe de croissance des foetus. Un bébé au 10ème percentile a des mesures supérieures à 10% des foetus au même terme, autrement dit, a priori, c'est un petit bébé, alors qu'un bébé au 90ème percentile est un gros bébé qui a des mesures supérieures à 90% des foetus au même terme. Bien sûr, tout ne pousse pas au même moment chez les foetus, donc il peut y avoir des variations : un bébé peut être au 50ème percentile pour la taille et au 70ème pour le fémur, par exemple...
Mais je trouvais étonnant que tu sois si petite alors que ton poids était normal (enfin, si on prenait les deux dernières évaluations !) et qu'ils s'étaient tous deux extasiés devant ce beau bébé pendant l'examen... Et mon étonnement n'a cessé de croître quand j'ai vu que sur les photos, certaines mesures avaient été prises à plusieurs reprises, et celles des dernières photos se rapprochaient bien plus de la moyenne que celles des premières photos. Bref, je suis perplexe. Je n'ai même pas l'estimation de ta taille, en fait ! Je vais presque finir par croire que tu as effectivement grossi et grandi au fur et à mesure qu'on avançait dans l'examen !
Tout ça m'a un peu mise en colère sur le coup, car cette écho étant la plus importante, je me suis dit que le docteur n'avait peut-être pas été très sérieux, entre son absence prolongée et ce compte-rendu curieux. Enfin, depuis, je me suis dit que puisque par ailleurs, tout va bien, ce n'est pas bien grave. Paloma, ma sage-femme, m'a dit à peu près la même chose, d'ailleurs. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter, au pire, tu seras un petit bébé, dans ce cas, tu tiendrais peut-être déjà de ton papa, qui était une crevette à la naissance (pour ta maman, c'était autre chose !). Et peut-être qu'au contraire, à la dernière écho, tu seras bien plus haut dans les courbes ! Après tout, quand on voit les différentes estimations de poids, on peut se demander si le reste est bien valable, surtout que tu bougeais beaucoup, c'est sans doute plus difficile d'être précis dans ce cas-là.
De toute façon, tu seras la plus belle ! C'est ce que je me suis dit en regardant les photos : « Elle m'a l'air parfaite, à moi, cette petite ! » La preuve en images...
















