19.12.2008
Il s'appelait Clément...
Aujourd'hui, on enterre un bébé... Le bébé d'une jeune femme avec qui j'ai vécu ma grossesse par le biais d'Internet. Le petit Clément est né un peu en retard, le 1er avril, mais Emmanuelle, sa maman, est restée une « marsette 2008 » et a donc posté chez les bébés de mars 2008. Il n'avait pas un mois quand le cancer a été diagnostiqué. Quand j'ai lu cette affreuse nouvelle, je pensais qu'il ne resterait pas longtemps parmi nous. Pourtant, il a bien réagi aux traitements, le cancer a battu en retraite...pendant un temps. Cette sale bête est revenue à la charge, et notre petit Clément, le super-héros des marsettes, si souriant, si courageux, a fini par s'endormir dans les bras de sa maman...
Tant de sentiments se mélangent en moi : injustice, colère, tristesse, angoisse, sérénité...
Injustice car je ne pourrai jamais tolérer de voir un enfant mourir. Ce n'est pas dans l'ordre des choses, même si c'est arrivé souvent par le passé et encore aujourd'hui, la preuve. Et à présent que je suis maman, je ne peux que me mettre à la place des parents, et me demander comment on peut se remettre de la mort d'un enfant, comment peut-on accepter de voir cette promesse de bonheur qu'est la grossesse se transformer en silence, en solitude, en drame.
Colère, parce que ce petit n'a presque connu que l'hôpital et les médicaments, à l'âge où l'on a juste besoin de ses parents, d'amour et de câlins. Et tout ça pour rien... Enfin si, pour être aimé passionnément pendant presque 9 mois et donner lui aussi énormément d'amour en retour. Et une leçon de vie, aussi. Car j'ai eu la chance de connaître Clément, pas en « vrai », malheureusement, mais via le net, et j'ai vu un petit garçon toujours souriant se battre plus fort contre la maladie que pas mal d'adultes.
Tristesse, bien sûr... Parce qu'il n'aura jamais la vie qu'il méritait, et parce que ses parents ne peuvent plus le serrer dans leurs bras. Parce que j'imagine leur douleur et que ça me fait mal à moi aussi. Parce que je ne peux pas m'empêcher, en regardant ma fille dormir ou jouer, insouciante et joyeuse, de me demander dans quel état je serais si je devais la voir gravement malade ou la perdre.
Angoisse, un peu pour les mêmes raisons, parce qu'on ne sait pas de quoi demain sera fait, parce que ça n'arrive pas qu'aux autres. Parce que je veux que ma fille reste en bonne santé, bien sûr, mais parce que je veux aussi qu'elle grandisse avec ses parents. Je pense au cancer qui a tué mon père et je me dis que j'en serai peut-être victime aussi, qui sait ? Depuis la naissance de Lilith, je me dis qu'il faut que je prenne soin de ma santé, pour elle. Et que son père en fasse autant. Je pense à Awaii, une marsette très touchée également par la disparition de Clément, bien sûr, qui mène depuis des mois une bataille (bien partie pour être victorieuse) contre un cancer du sein, elle aussi m'a permis de me rappeler la fragilité de notre bonheur...
Sérénité : parce qu'il ne souffre plus. Parce que même si j'ai un rapport compliqué avec la religion, j'aime à croire qu'il y a quelque chose au-delà de la vie et que Clément continue de recevoir tout l'amour dont il a besoin là où il est. Parce que peut-être qu'il garde un oeil sur ses parents et sur nous tous. Et parce que grâce à lui, je mesure et savoure encore plus mon bonheur...
Sérénité aussi quand je vois la réaction de sa maman. D'une dignité, d'un courage incroyable. Elle a posté sur le forum pour nous remercier de notre soutien, nous a raconté la fin paisible de Clément, et chaque mot d'elle semblait touché par la grâce. Je ne sais pas si c'est la courte présence de Clément dans leur vie qui les a rendus, elle et son mari, aussi exceptionnels, ou bien s'ils étaient exceptionnels au départ et ont donné cette qualité à leur fils, mais le fait est là : Emmanuelle et son mari Arnaud ont une force incroyable en eux et j'espère que ça les aidera à s'en sortir. En tout cas, nous, les marsettes, et d'une manière générale, tous les membres de Doctissimo, seront présents à leurs côtés pour les aider à avancer. Nous étions déjà des amies, Clément a fait de nous une famille.
A Clément, 1er Avril – 15 décembre 2008
A Emmanuelle et Arnaud
Aux marsettes 2008 aussi...

Petit Clément restera à jamais le super-héros des marsettes... Petit Clément a cessé de souffrir et vit désormais pour toujours dans nos coeurs...
16:39 Publié dans Tout autour de nous... | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : bébé, clément, mrt, maladie, cancer, injustice, douleur


