07.09.2008
Six mois déjà...
Six mois déjà que je me consume d'amour pour toi... et que tu ne me laisses pas assez de temps pour nourrir ce blog...
Pourvu que cette micro-note me permette de retrouver la motivation ! A très bientôt, j'espère !
00:51 Publié dans Grossesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : naissance, bébé, amour, maternel, maman, bonheur
07.05.2008
Lilith ou la lune noire, histoire d'une naissance...
Nous sommes le 10 mars, il est 10h du matin, tu dors près de moi et je me décide à commencer le récit de ta naissance, encore si proche. Ton papa m'a amené l'ordinateur portable hier, afin que ça me soit possible, donc je profite d'un moment calme pour m'atteler à ma «tâche ».
Il y a 5 jours et quelques heures, le travail commençait, à ce moment-là, je n'étais encore sûre de rien. Après tout, ça pouvait être une sorte d'entraînement, ça arrive souvent en fin de grossesse. Et puis surtout, depuis quelques jours, je regardais la date du 7 mars avec envie (ou intuition, quelle était la part de l'une et de l'autre, difficile à dire). Dans l'absolu, j'aurais bien aimé que tu restes dans mon ventre jusqu'au bout, ou presque. Ma grossesse s'était si bien déroulée, je ne voulais pas que ça cesse, d'autant qu'elle sera peut-être unique. Cela dit, le 7 mars avait absolument tout pour me plaire, une date pleine de symboles pour la naissance de ma lilipuce... Le 7, déjà, est un chiffre considéré comme magique. On y fête la Saint Félicité, il faut quand même avouer que c'est pas mal. Et pour couronner le tout, depuis longtemps, je savais qu'une lune noire était prévue à cette date, et, outre le pouvoir possible de la lune sur les naissances, cette lune noire placée à cette date-là, c'était un comble pour moi. Car des deux prénoms que nous envisagions pour toi, l'un est étroitement lié à cette lune noire. Autant dire que si tu décidais de venir au monde ce jour-là, le choix était vite fait !
Mais n'anticipons pas... Revenons d'abord au 6 mars... Après une journée du 5 assez calme en contractions douloureuses, je me disais que peut-être, la nuit du 5 au 6 serait plus reposante, je te demandais d'ailleurs de me laisser dormir, histoire que je sois en forme pour le jour J. Doux rêve ! J'ai quasiment passé une nuit blanche. Tes frère et soeurs étaient encore là, donc impossible pour moi d'être libre de mes faits et gestes, de prendre un bain pour vérifier que les contractions se calmaient, par exemple. J'avais quand même demandé à ton papa de passer à la pharmacie et j'ai pu prendre des suppositoires de Spasfon, mais l'effet restait très limité. Au petit matin, j'étais sur le canapé, et j'ai posté sur le forum des ZZ en disant que, décidément, c'était bien douloureux. Contractions principalement dans le dos, en plus, les pires. Par chance, Pleyssi, une ZZ qui ne poste pas souvent, traînait par là et m'a tenu compagnie. A un moment, les contractions se sont rapprochées, jusqu'à 5 minutes d'intervalle. Mais ça n'a pas duré, ça s'est même à nouveau largement espacé. J'ai envisagé d'appeler ma sage-femme, mais ma nature a rapidement repris le dessus : je ne voulais pas la déranger pour rien, j'attendrai encore un peu de voir si ça se calmait. Quelle erreur ! Enfin bref...
Une fois les enfants et mon homme levés, j'ai pris un bain. Moui, ça fait un peu de bien, mais léger... Je prends un Spasfon et je me remets au lit. J'ai dormi 1h30, je crois. J'ai passé la journée au lit, à part pour les repas. Au déjeuner, quelques contractions me gênent, mais ça reste gérable. Au goûter, idem... Malgré tout, je sens bien que me lever ne me réussit pas. Phil, qui m'avait déjà proposé la veille d'appeler son ex pour qu'elle récupère les enfants plus tôt, au cas où, me dit : « Bon, je vais l'appeler, c'est mieux, ça serait embêtant de se retrouver à 3h du mat' à devoir se précipiter à la maternité avec les enfants... » Il appelle donc, la maman de ton frère et de tes soeurs vient les chercher pour 18h. Je leur dis au revoir, on blague en disant que la prochaine fois qu'on se verra, on sera sûrement un de plus...
J'avais envisagé que peut-être, avec leur départ, les choses allaient se calmer. Après tout, devoir se charger de trois enfants en fin de grossesse, c'est assez fatigant. Surtout quand ils se disputent fréquemment. Je me souviens avoir lancé à ton papa, le jour de leur arrivée, alors que Damien et Justine se disputaient : « S'ils continuent comme ça, j'accouche dans la semaine ! » Quand j'y repense...
Non, les choses ne se sont pas calmées, au contraire : je me lève pour dîner, on décide de faire du quinoa, je me force à m'occuper un peu de la poêle, mais c'est difficile, les contractions s'intensifient. Ouille... Pendant toute la demi-heure qu'aura duré ma station debout (ou assise), c'est une horreur : j'ai le sentiment d'être une contraction à moi toute seule. Ca n'arrête plus, j'ai mal, je m'allonge le plus vite possible sur le canapé, ça s'arrange. Les contractions s'espacent à nouveau.
Phil propose qu'on revoie le film Le Couperet, avec José Garcia. Je dis ok, en sachant déjà que je vais avoir du mal à suivre. En effet, il y a les moments où je contracte, ceux où je dors à moitié, ceux où je me concentre tout simplement sur toi et moi... Heureusement que j'avais déjà vu le film !
Pendant le film, les contractions se rapprochent et reviennent toutes les 5 minutes. Il paraît qu'il faut aller à la maternité quand on contracte toutes les 5 minutes depuis 2h (pour un premier bébé). Au bout d'1h30, je me décide à appeler Paloma, ma sage-femme. Elle me répond, je lui explique la situation, et elle me dit qu'elle n'est pas à Paris, et ajoute que j'aurais dû appeler plus tôt, qu'elle ne serait pas partie... Regrets éternels ! En plus, elle est partie en train, impossible à cette heure-là (23H30) d'en avoir un pour revenir. Bref, n'en parlons plus, elle me dit d'aller à la clinique où nous aurions dû nous retrouver, elle va appeler pour leur dire que j'arrive. De mon côté, j'appelle Elodie, alias chouq' des ZZ, qui habite à Nanterre elle aussi et s'était proposée de m'amener à la clinique si besoin. Elle répond présente. Phil commence à rassembler les affaires, mais Paloma me rappelle : elle est embêtée, la sage-femme de garde ne veut pas faire l'accouchement toute seule, elle souhaite faire appel au gynéco. Or, c'est une clinique, ça va me faire des frais, donc Paloma me dit que je vais aller à Nanterre (c'était ce qui était prévu au début, mais ça ne l'arrangeait pas car qui dit hôpital dit moins de pouvoir pour elle en cas de pépin). Je m'inquiète du fait qu'étant finalement enregistrée à Rueil, je ne suis pas allée aux rendez-vous de Nanterre et qu'ils me demandent pourquoi... Elle me dit qu'elle va les appeler et leur expliquer qu'elle devait me faire accoucher là-bas mais est absente, et que je ne suis pas allée aux rendez-vous car trop fatiguée.
Elle me rappelle une dernière fois : très rassurante, elle me dit que la sage-femme de garde de Nanterre est ravie, qu'elle m'attend, qu'ils n'ont personne d'autre et que je vais pouvoir profiter de la salle nature et être bichonnée. Chouette, un poids s'envole. Elodie m'appelle aussi, elle m'attend devant chez moi. On descend, moi, bloquée dans les escaliers par une contraction, Phil, obligé de remonter car il avait oublié l'appareil photo ! Heureusement que j'avais encore assez de présence d'esprit pour lui demander s'il y avait pensé !
Du coup, le temps qu'il remonte le chercher, j'avance vers Elodie péniblement, les contractions sont vraiment fortes (et toujours dans le dos). Elle me rejoint, m'accompagne, me cale à l'arrière (sur une serviette, j'avais prévu, on ne sait jamais, on ne va pas risquer de pourrir la voiture !), met les affaires dans le coffre. Phil arrive, il se met derrière avec moi, et on y va... Sur le chemin, Phil et Elodie déconnent, et moi, je ris du coup, mais je les engueule presque tellement c'est douloureux de rire...
Une fois là-bas, Phil nous précède histoire de vérifier où on doit aller exactement. Elodie m'aide à sortir de la voiture, on commence à avancer de notre côté. Lorsque j'avais passé la deuxième écho à Nanterre, je m'étais réjouie de ne pas accoucher là, car il y a un trèèèèèès long couloir à traverser pour accéder à la maternité, et je m'imaginais, percluse de contractions, ce que ça pouvait donner. Eh bien, je l'ai vécu, finalement, et je peux vous dire que ce fut une épreuve. En plus, tu as décidé de me taquiner le col à ce moment-là, et je dis à Chouq' que je me vois bien accoucher là, sur place (là encore, quelle erreur, j'en étais encore si loin !). Je lui demande l'heure, en ajoutant : « Elle va quand même pas naître le 6 ! » Non, il est minuit et quart, sauvée, tu as toutes les chances de naître le 7... Phil m'appelle, nous dit qu'il faut bien aller là où on pense, dit qu'il va revenir sur ses pas nous retrouver. Je le vois assez vite, on le rejoint et je lui dis, en rigolant, suite à une contraction : « Mais quelle idée de vouloir des enfants ! » Bon, évidemment, je n'en pense pas un mot...
On arrive, on me dit de sonner et de m'asseoir. Assez vite, quelqu'un vient nous chercher, Elodie reste au cas où ce serait une fausse alerte, pour pouvoir nous ramener. Manifestement, quelqu'un est arrivé entre temps, je ne suis pas la seule patiente. Une jeune femme me prend en charge, me demande d'aller faire pipi pour une analyse d'urine. Je plane, ça me fait bizarre de me trouver dans ces toilettes et de me dire que, si tout va bien, tu sera là dans la journée...
Une fois cela fait, je me retrouve dans une salle pour faire un monitoring. J'aurai le temps d'en faire une sacré quantité en une journée, c'est un peu lourd à force, d'ailleurs, surtout qu'à aucun moment tu ne montreras de signes de détresse donc on aurait probablement pu limiter un peu... Bref, j'enlève mon pantalon, je m'installe sur un fauteuil qui s'avérera de plus en plus inconfortable au fil des monitorings (heureusement que je ferai ceux de l'après-midi dans la salle Nature !), une sage-femme me fait un premier toucher vaginal, col ouvert à 1 doigt, effacé... Punaise, tout ça pour un doigt ? J'ai la haine, sur le coup... Le monitoring durera une demi-heure environ, on compte la durée entre les contractions, ça varie, toutes les 5 minutes, puis toutes les 4... La sage-femme me dit qu'elle va me préparer un bain dans la salle Nature.
Ce premier bain (j'en prendrai quatre en tout !) fait plutôt du bien (une fois que j'ai rajouté de l'eau froide, car il était brûlant), même si les contractions ont tendance à s'intensifier dedans. Mais au moins, je peux me détendre, je somnole un peu, et le temps passe plus vite...
Lorsque je sors du bain, on me fait un nouveau monitoring, le col a progressé légèrement. On nous dit qu'on ne peut pas laisser nos affaires dans la salle Nature car il est possible que d'autres personnes arrivent et aient besoin de s'y retrouver. Notre chambre est prête, Phil y emmène donc mes affaires. Dans le même temps, comme personne d'autre n'a besoin de la salle, on me prépare un deuxième bain. Il est environ 5 heures, Phil revient et me dit que ma chambre est chouette, il me parle du coin nursery, de la salle de douche, je visualise assez bien car j'avais déjà lu des témoignages sur la maternité et sur les chambres refaites assez récemment. Je suis dans mon bain très chaud, je suis fatiguée, je somnole beaucoup malgré les contractions, ton papa s'endort carrément, tout est très calme à ce moment-là...
Lorsque je sors du bain, on me propose d'aller voir ma chambre, de m'y reposer un peu, voire de marcher si j'y arrive, histoire de faire travailler le col. Nous allons donc jusqu'à la chambre, tant bien que mal, les contractions sont là toutes les 4 minutes environ, toujours dans le dos principalement, c'est très douloureux. Dans la chambre, je ne peux que m'allonger, et encore, je manipule la télécommande du lit jusqu'à trouver une position pas trop inconfortable. Je suis mieux dans un fauteuil, finalement, j'y reste un moment. Je discute avec ton papa... A un moment, je marche et suis obligée de m'appuyer contre un mur pour laisser passer la contraction. Vive la respiration apprise au yoga, qui me sauvera pas mal la mise. Une jeune femme tape et nous demande, dès que c'est possible, de revenir faire un monitoring.
Je ne supporte plus la chaise sur laquelle se déroule le monito, les contractions sont insupportables dessus. Une sage-femme me propose de me mettre en position assise et de m'appuyer sur une barre qu'on installe au-dessus. Elle dit à Phil de me masser le dos lorsque les contractions arrivent. La première se passe bien, mais après, c'est pire que tout... Donc on laissera tomber l'idée de la barre !
On m'examine en même temps que le monito : le col semble avoir bien progressé, il est à 4-5, si mes souvenirs sont bons. J'ose demander à la sage-femme (toujours la même, en fin de garde) si elle a une idée du temps que ça prendra pour que tu arrives. Elle hésite, mais finit par me dire que ça devrait donner un bébé pour midi environ. Je n'aurais jamais dû demander et elle n'aurait jamais dû me répondre, même si, sur le coup, ça m'a motivée, vu qu'il doit être 8 heures, je me dis que ça va peut-être vite passer...
Les deux sages-femmes que j'ai côtoyé pendant ces quelques heures me disent au revoir, elles ont fini leur service, l'une d'elles, Julia, me dit qu'elle prendra des nouvelles de moi, c'est gentil.
Je me retrouve donc prise en charge par de nouvelles personnes. Ca me déprime un peu, quand je pense que j'aurais dû être seule avec Paloma et Phil ! Mais bon, je me motive, mon bébé sera là dans quelques heures, il faut y croire !
Les heures défilent, je me repose un peu dans la chambre, je fais un nouveau monitoring, et là, surprise, mon col ne bouge presque plus... Je souffre énormément, toujours sur ce maudit fauteuil, on me dit qu'on va appeler la sage-femme de garde. Celle-ci s'appelle Caroline, sur le coup, elle ne me plaît pas trop.
Un peu avant midi, on me fait encore un monito, mais cette fois, il a lieu dans la salle Nature, l'autre salle étant occupée. Je suis mieux sur ce fauteuil-là... A ce moment-là, je ne sais pas que c'est exactement là que j'accoucherai ! Mon col évolue toujours très lentement, il doit être à 5-6, c'est perdu, je n'accoucherai pas vers midi, j'en suis même loin...
Retour dans la chambre, je doute. Je déprime un peu... On reste un moment, puis je retourne dans la salle Nature. Je suis crevée, je tente de me mettre sur un ballon pour aider mon col à s'ouvrir, mais je manque plusieurs fois de tomber car je somnole... Je me lève, je marche, je tente de me réveiller, aïe, une contraction, j'attrape la barre d'un chariot, je respire... Là, une jeune femme entre dans la pièce :
« Bonjour, je m'appelle Juliette, je suis élève sage-femme, je vais m'occuper de vous, ça va aller ? »
Je la regarde, tout de suite je vois que son regard a l'air sincèrement préoccupé par mon état... Du coup, je me confie :
« Non, ça ne va pas, j'ai mal, les choses n'avancent pas, je ne sais plus quoi faire ! »
Elle a su trouver les mots, et ce ne sera pas la seule fois. Elle me dit que c'est normal que ce soit long, c'est un premier bébé, que j'ai choisi un accouchement naturel donc, ce n'est pas évident mais qu'elle me trouve très courageuse. Les contractions arrivent en même temps qu'elle me parle, elle me voit respirer et me dit même qu'elle n'a jamais vu quelqu'un gérer les contractions aussi bien... Elle me propose de me faire couler un nouveau bain, car ça fait travailler mon col. J'accepte. Je me sens déjà mieux grâce à son discours. Le bain continue de me détendre, malgré la douleur. Ensuite, elle me fait un nouveau monitoring, et me propose un Spasfon par le cathéter, ça peut aider le col, m'a-t-elle dit. Je lui demande si ça calmera la douleur, elle me dit que non. Pourtant, à peine m'a-t-elle injecté le Spasfon, je me sens déjà mieux. Je me détends encore plus, et les contractions deviennent rapidement moins douloureuses. Il est possible du coup que ça ait ralenti ton arrivée, mais au moins, ça m'a donné un répit salutaire. Pendant une heure, je me sens bien, je reprends des forces et je reprends courage, surtout. Je me repose, du coup, pendant le monito, je mets les écouteurs de mon Ipod sur les oreilles, j'écoute du Radiohead, j'arrive à m'endormir légèrement. Il fait trop chaud, on m'ouvre une fenêtre. Je me sens bien, ouf... Phil profite de ce répit pour aller s'acheter à manger. Pour ma part, j'ai très très soif, mais on ne me laisse pas boire ou à peine et encore moins manger. Juliette m'autorise quand même un petit verre d'eau... Regret encore : avec Paloma, j'aurai eu le droit, même de manger ! Heureusement, Phil m'achète quelques trucs pour mettre dans le frigo de la chambre (oui, il y a un mini-frigo dans la chambre !), ça me motive : des sandwiches jambon-fromage, une petite bouteille de coca, des bananes, et un paquet de Schokobons, j'adore ça !
Juliette revient, elle est contente de me voir mieux, elle m'examine, mon col s'est un peu ouvert, mais ce n'est pas encore ça. Je reste seule avec Phil un moment, quand elle revient, elle me propose plusieurs options : on laisse les choses se faire naturellement, mais ça peut être encore long, on me met un nouveau Spasfon dans une heure, mais comme ça fait effet sur mes contractions, pas sûr que ce soit une bonne idée, ou alors, on rompt la poche des eaux. Je lui demande comment ça se passe dans ce cas-là, elle m'explique que ça accélérera probablement les choses, mais que ça risque d'être plus douloureux qu'en laissant faire...
Comme à ce moment-là, je me sens bien, je lui dis qu'on va attendre. Elle me suggère d'essayer de marcher, encore une fois, pour faire travailler tout ça... On marche donc dans l'hôpital, avec des contractions toutes les deux minutes, c'est encore moins évident ! Malheureusement, elles recommencent à être très douloureuses, en plus... On revient, je dis que j'ai vraiment du mal à marcher, je demande à savoir où ça en est, une autre Caroline s'occupe de moi, elle me dit que c'est inutile de m'examiner, il s'est passé trop peu de temps depuis la dernière fois, elle me propose un nouveau monitoring et me demande de te stimuler, car tu dors. Tu m'étonnes, la journée est dure pour toi aussi ! J'essaie un moment, mais ça m'ennuie de t'embêter, et puis ce n'est pas très efficace, de toute façon ! Le temps me paraît de plus en plus long, personne ne vient nous voir, j'entends des bébés pousser leur premier cri autour de moi et je me demande quand viendra enfin mon tour. C'est dur... En plus, on m'oublie, au bout d'une heure, je demande à Phil d'aller voir, j'aimerais qu'il essaie de me trouver Juliette, mais quand il sort, il a à peine le temps de prononcer un mot que Caroline n°2 s'exclame «Zut, le monito ! » et vient me débarrasser, toute confuse. Apparemment, ils sont débordés. Elle m'examine, col à 8... Bonne nouvelle, je me sentais mouillée, ce ne sont pas les eaux, mais le bouchon muqueux qui est parti. Ca me permet d'espérer un peu.
Nous retournons dans la chambre, en attendant la suite. Je suis épuisée, vide, je déprime. Bizarrement, je commence à avoir envie de pousser. Je vais aux toilettes, je me « vide » pour la 4ème fois de la journée, je crois !
Personne ne vient nous chercher, donc on finit par retourner du côté des salles d'examens. Personne dans la salle Nature, on s'y réinstalle, et je laisse la porte ouverte, histoire que quelqu'un vienne nous voir. A ce moment-là, je me sens très seule. Ca fait un moment que je n'ai plus vu de personnel, apparemment, pas mal de femmes sont arrivées récemment, donc on s'occupe d'elles, d'autant que la plupart veulent la péridurale, elles ont donc plus besoin d'eux que moi, techniquement parlant. Mais je me sens abandonnée, du coup, et je ne suis pas loin du désespoir. Il doit être 17h30 et je n'en vois plus la fin. Je suis très angoissée, et Phil ne m'est pas d'un grand secours car lui aussi est fatigué et de mauvaise humeur. Il essaie néanmoins de ne pas trop s'énerver et du coup me parle peu. Tant mieux, sur le coup, ça me déprime encore plus, mais il vaut mieux ça plutôt que de dire des trucs qu'il regretterait. Il avait du mal avec mon idée d'accouchement sans péri au départ, a fini par comprendre plus ou moins, mais pour lui, le progrès reste une bonne chose en la matière, et il a du mal à admettre qu'on accepte encore d'accoucher « dans la douleur ». D'ailleurs, il me balancera quand même quelques vannes suggérant qu'avec la péri, ça aurait été moins long. Rien n'est moins sûr, mais on ne saura jamais...
Une femme entre dans la salle, nous demande si ça va, je lui dis que non, que personne ne vient en plus et que ça me déprime. Elle me répond « On est très occupés, il faut attendre ». Elle ne me plaît pas. Désagréable à la fois physiquement et dans son discours, je la sens persifleuse, je n'aime pas ça du tout. Elle repart. Phil est d'accord avec moi, elle ne lui a pas plu non plus. On attend. Je finis par me mettre à pleurer, je souffre physiquement et mentalement, c'est une horreur, je commence à m'inquiéter pour mon bébé, je me demande si j'accoucherai bien ce jour-là et me dis que je n'aurai pas la force si ça dure encore longtemps. Phil me suggère d'appeler Paloma. Je finis par me décider. Elle est très surprise de savoir que je n'ai toujours pas accouché (elle m'avait appelée dans la matinée et se tenait aussi au courant via la maternité), elle pensait que c'était fait depuis un petit moment, elle sent ma détresse, essaie de me rassurer comme elle peut. Elle me dit de me mettre en chien de fusil et de me détendre comme Rosemarie (la prof de yoga) m'a appris. Je lui dis que ça me paraît impossible, que ça fait trop mal. Du coup, elle me suggère d'aller trouver le personnel, d'en rajouter (pas besoin !), de leur dire que je n'en peux plus, que je veux bien avoir la péridurale si ça peut les décider à me reprendre en charge. Je raccroche, j'essaie de me détendre un peu, mais évidemment, je n'y parviens pas. Je finis par sortir de la pièce, à la recherche de quelqu'un, je tombe sur Caroline, je lui dis :
« J'en peux plus, j'ai trop mal, j'ai peur, il faut que quelqu'un s'occupe de moi, donnez-moi la péridurale, c'est pas grave, je suis trop fatiguée ! »
Là, je vois la même bonne femme désagréable apparaître et elle me redit « Je vous ai dit qu'il faut attendre ! » Je la hais ! Mais Caroline l'ignore, me prend par les épaules et me dit : « Je suis désolée, il y a eu un rush, là, on était occupés, venez, on va voir où vous en êtes... » Une contraction me prend, je m'arrête, elle est douce, me masse le dos, on avance doucement jusqu'à la salle. Je l'aime ! (alors qu'elle ne m'inspirait pas beaucoup quand je l'ai vue le matin...) Elle me dit qu'il n'y a pas de raison que je prenne la péridurale, ce serait dommage maintenant, il faut que je tienne.
Elle m'examine, le col est à 8-9, mais la poche n'est toujours pas percée et tu n'es toujours pas engagée. Elle me fait pousser, pour voir, car parfois, ça fait avancer les choses. Je n'ai pas trop de mal puisque j'ai déjà envie de pousser depuis un moment. Elle me suggère de prendre encore un bain. Je lui dis que c'est vraiment trop douloureux les contractions dans le bain. Elle m'encourage, me dit que si je refuse tout, ça risque d'être vraiment long. J'accepte donc ce dernier bain. Je lui demande si Juliette est encore là, car j'aimerais la voir. Elle me dit qu'elle est occupée sur un autre accouchement, mais qu'elle va lui dire de venir dès que possible.
Je me plonge dans l'eau, j'essaie de me détendre mais ce n'est pas facile. Je continue d'avoir envie de pousser pendant les contractions, tant pis si ce n'est pas encore le moment, je pousse, je ne peux pas m'en empêcher ! Juliette entre dans la salle, s'installe en face de moi, à côté de la baignoire. Elle me demande ce qui ne va pas, là, je me lâche encore plus que la première fois que je me suis confiée à elle, j'avais déjà commencé avec Phil juste avant. Je lui dis en vrac que c'était trop long, que je commence à me demander si j'accoucherais ce jour-là, que je me sens nulle, j'ai l'impression de foirer mon accouchement, que je n'aurai jamais la force de pousser tant je suis fatiguée, j'ai soif, j'ai faim, j'ai peur de mettre ma fille en danger à force que ça dure, et puis c'est bizarre, j'ai envie de pousser...
Et qu'a-t-elle fait ? Encore une fois, elle a su me parler. Elle m'a redit des choses qu'elle avait déjà dit la première fois et m'a assuré que je ne te mettais pas en danger, que tout allait bien, que j'accoucherai dans les heures qui suivaient, que j'étais très courageuse et de ne pas m'inquiéter car les femmes, même épuisées, trouvent toujours la force de pousser, surtout sans péridurale puisqu'on sent mieux ce qui se passe. Elle, je ne l'aime pas, je la vénère carrément. Comme je l'ai dit par la suite à Paloma, heureusement que Juliette était là, elle m'a presque sauvé la vie ce jour-là... J'espère qu'elle restera comme elle est, elle fera une sage-femme formidable...
Elle me demande si elle peut me laisser, je lui demande jusqu'à quelle heure elle est là, jusqu'à 20h me répond-elle, et là, je t'ordonne de sortir avant car je ne veux pas accoucher sans elle ! Elle part en m'assurant qu'elle reviendra dès que possible.
Assez rapidement, j'en ai marre d'être dans le bain, donc je décide de sortir. Je me sens vraiment bizarre, et quand j'enjambe la baignoire, je me dis que c'est vraiment étrange cette pression, en bas. Est-ce encore un besoin de vider mes intestins ou bien autre chose ? Je prends mon courage à deux mains et décide de vérifier, quand même, au cas où. Je touche... quelque chose... Une tête ???
« Phil, je sens un truc ! ! ! »
Phil me regarde, mi-surpris, mi-riant (apparemment, la façon dont j'ai dit ça valait le coup !), se précipite sur la sonnette, sonne pas mal de coups apparemment, la porte s'ouvre très vite, c'est Caroline, Phil lui dit « Elle accouche ! », Caroline se retourne « Elle accouche ! Vite, un plateau d'accouchement ! »
Elle me rejoint, deux autres jeunes femmes rappliquent, il y a presque trop de monde tout à coup ! Elle me dit : « Restez comme ça, je vous examine », elle touche, me dit : « C'est la poche », et plof, dans la foulée, c'est l'inondation, trop bombée, la poche avait cédé !
On me fait me rallonger sur le fauteuil de monitoring, la salle Nature est seulement une salle de travail, mais ce n'est pas grave, elle se transformera en salle d'accouchement pour l'occasion ! Il est 18h40 environ, je me sens presque bien, je suis excitée de te savoir bientôt parmi nous, ça me redonne de l'énergie. Il y a un plateau pour une éventuelle épisiotomie, je leur dis que si elles peuvent éviter de l'utiliser, je préfère, et Caroline me répond qu'il n'y a pas de problème, qu'elles en ont fait une dans la journée et c'est déjà une de trop !
Juliette entre à son tour, c'est elle qui prend la place de l'accoucheuse, je suis contente... Elle me demande si on m'a appris une technique pour pousser, je dis que oui, mais bien évidemment, je ne sais plus comment faire, entre la fatigue et l'énervement ! Elle me fait ramener mes jambes sur le ventre, et m'encourage à pousser comme pour aller à la selle... Oui, logique, Paloma nous avait dit que c'était pareil...
Une contraction arrive, je pousse, mais apparemment, ce n'est pas encore ça, c'est tellement difficile. Lors des suivantes, je me lâche, moi tellement réservée, je me laisse aller, je trouve « mon » cri, je hurle comme une malade, non pas parce que j'ai mal, je sens à peine la douleur des contractions à ce moment-là, et toi, tu ne me fais pas mal, non je hurle pour me motiver, pour m'aider à pousser, comme beaucoup de femmes le font. Je repense à la femme que j'ai entendu hurler quelques heures plus tôt, alors que j'étais sous monito, ça m'avait presque fait peur, et là, je me dis que je dois faire peur à d'autres femmes à mon tour !
Je trouvais que Juliette et les autres faisaient une drôle de tête, je regardais le monito qu'on m'avait installé pour vérifier que tout allait bien, ça avait l'air, mais j'ai quand même demandé : « Elle va bien ? » « Ouiii ! » Avec le recul, je me dis que Juliette était peut-être tout simplement très émue, qui sait, c'était peut-être la première fois qu'elle prenait les commandes d'un accouchement, je ne lui ai pas demandé, je regrette un peu, tant pis !
Je ne sais pas combien de fois j'ai poussé, ta tête est arrivée assez vite vers la sortie, mais après, il m'en a fallu plusieurs pour que tu sortes complètement. Ton papa m'a tenu la main de bout en bout, il m'a encouragée, à un moment, il a regardé et m'a dit : « Là, je pense qu'à la prochaine, c'est la bonne, parole d'expert ! » Je vois Juliette sourire...
Tout ça me donne un courage fou. A la contraction suivante, je pousse, je pousse, je hurle, je me surpasse... Et là, je te vois, Juliette te pose sur mon ventre... Mon bébé... Mon amour... Tu es là... On propose à Phil de couper le cordon, mais ce n'est pas son truc, ça le dégoûte, il ne l'a fait pour aucun de ses enfants. Du coup, c'est moi qui l'ai coupé !
Je te regarde, tu dors ! Tu n'a même pas pleuré (moi non plus, d'ailleurs !), à peine un ou deux petits cris qui ressemblaient à des couinements et là, tu somnoles sur mon ventre. Ca a été tellement long pour toi aussi, tu dois être bien fatiguée... Je dis à ton papa « Elle est belle, non ? » Il approuve... J'ajoute : « Elle n'est même pas fripée et elle ne sent pas mauvais ! » Il sourit, il m'avait pas mal taquiné avec ça, « Tu verras, un bébé qui vient de naître, ça pue, c'est fripé et sale ! » Toi, tu étais toute belle, sans doute parce que tu as été longtemps protégée par la poche des eaux. C'est sans doute ça aussi qui fait que l'ostéopathe te trouvera aussi bien, ta tête n'a pas souffert de l'accouchement, contrairement à beaucoup de bébés.
Ton papa me dit que tu es une crevette, c'est marrant, je n'ai pas cette impression, je te trouve grande, c'est sans doute parce que je te vois de dessus... Je m'écrie : « Elle ressemble à Justine, non ? » Justine, c'est une de tes demi-soeurs. Ton papa approuve une nouvelle fois : « A Damien (ton demi-frère) et à Justine... »
On tente une première mise au sein, mais tu es trop fatiguée, tu préfères dormir...
Juliette nous demande le prénom, elle nous avait demandé à plusieurs reprises pendant la poussée, mais nous voulions le garder pour nous jusqu'au bout, d'autant qu'il y en avait encore deux en balance, même si celui que nous avons finalement choisi était quasiment certain... Mais là, c'était l'évidence...
« Lilith »
« Lilith ? C'est joli, ça vient d'où ? »
« C'est une démone, la première femme d'Adam aussi, selon certains textes, et c'est l'un des noms de la lune noire aussi, et c'est la lune noire aujourd'hui ! »
Tu es née à 19h17, un 7 mars, ça fait beaucoup de 7, j'espère que ça te portera bonheur... Cela faisait 19 heures que j'étais à la maternité. Ton papa m'a dit que tu avais voulu attendre l'apéro pour faire comme Damien et Justine, encore une fois. Ils sont nés autour de 19h eux aussi...
Tu es restée sur mon ventre un moment, en peau à peau, mais comme le placenta traînait à sortir et que je devais être recousue car j'ai une une déchirure, j'ai suggéré que ton papa te prenne. L'une des sages-femmes lui a suggéré d'enlever son t-shirt, pour que tu continues de bénéficier du peau à peau. C'était beau de vous voir tous les deux...
Il a fallu que je trouve encore la force de pousser pour faire sortir le placenta, on a même appelé une autre sage-femme, la deuxième Caroline, pour qu'elle n'hésite pas à tirer sur le cordon... Ouf, il est sorti. Comme elles m'ont dit, ça aurait été dommage de devoir m'anesthésier pour l'enlever après tout ce périple !
Ce sera la nouvelle sage-femme de garde, Nathalie, qui me recoudra et te fera faire les premiers examens. En discutant, je lui ai dit que ce qui a sans doute été le plus dur pour moi, c'était de rester à jeun, surtout sans boire, déjà que j'étais très fatiguée, ça n'a pas aidé. Et elle me répond : « Ah oui, ce sont les anesthésistes qui veulent que les femmes restent à jeun en cas d'anesthésie, mais bon, c'est assez ridicule... En plus, vous étiez suivie par Paloma, avec elle, vous auriez eu le droit ! » Bref, en discutant, je lui ai dit « Dommage que vous ne soyez pas arrivée avant, les choses auraient été différentes ! »
Enfin bon, pas de regrets, moi qui avais peur de foirer mon accouchement, qu'il ne ressemble en rien à ce qui était prévu, finalement, ce n'était pas si mal. Très long, difficile, douloureux bien sûr, mais quand on voit le trésor qui est au bout, on ne pense plus à tout ça... Et puis surtout, malgré ces deux moments où j'étais au bord du désespoir, j'ai réussi à tenir sans la péridurale et en te laissant venir à ton rythme, j'en suis assez fière. Je suis également heureuse d'avoir refusé qu'on perce la poche car j'ai lu par la suite certaines choses qui me font penser que c'était mieux pour toi. Je ne suis pas prête à remettre ça tout de suite, mais ça ne me paraît pas insurmontable, surtout que pour un éventuel deuxième, les choses devraient être moins longues !
Et finalement, les heures ont été longues aussi après ! Je n'ai rejoint ma chambre qu'après 23h ! Tu es d'abord allée avec ton papa te faire mesurer et peser : 47 cm pour 2,810 kg, tu es en effet un petit gabarit, du même genre que tes frère et soeurs... Je t'entends pleurer, cette fois... Tu reviens rapidement, Nathalie teste tes réflexes, tout va bien, elle te plie dans tous les sens, tu es très souple. L'appareil photo n'arrête plus de fonctionner. Puis, ton papa me dit qu'il va rentrer, il doit être 20h30, il a besoin de manger et de se reposer, tu te retrouves sur ta maman, à nouveau en peau à peau. Avant qu'il parte, je décide d'appeler ma maman, mamie pour la première fois. Tu es tellement calme, c'est dommage, j'aurais bien aimé l'appeler et qu'elle t'entende pleurer, mais non. Je téléphone, on discute un peu et puis je lui dis : « Tu entends ce doux bruit ? » Là, j'approche le téléphone de toi, mais tu ne fais aucun bruit... Mais ta mamie s'exclame tout de même : « Tu as accouché ? » « Oui »... Elle ne s'y attendait pas, je ne l'avais évidemment pas prévenue, elle était trop loin de toute façon, et vu la durée, ça valait mieux, ça l'aurait inquiétée. Elle m'en a remerciée, d'ailleurs. Nous avons discuté un moment, elle m'a passé ma soeur, mais là, rapidement, Nathalie revient et nous dit que le portable n'est pas autorisé ici ! Donc, j'éteins le téléphone et je ne peux prévenir personne d'autre. Dommage pour mes copines du net qui n'ont cessé de m'encourager par textos pendant ces longues heures et qui s'inquiétaient beaucoup de mon sort.
Phil s'en va, Nathalie tente une deuxième mise au sein et tu as vaguement tété deux petites minutes avant de te rendormir...
Nathalie m'a proposé de me lever, il devait être 22h passées. Elle m'a dit de profiter une dernière fois de la baignoire pour prendre une douche. Je me suis levée, c'est dingue ce qu'on peut perdre comme sang, je suis allée me doucher, je suis sortie et je me sentais oppressée. Ca vient sans doute de tous les organes qui changent de place pendant la grossesse et qui peinent à s'y retrouver par la suite...
Enfin, au bout d'un long moment encore, on est venu me chercher et je suis retournée dans ma chambre en chaise roulante, poussant le berceau de ma fierté. Il est 23h passées et je m'empresse de rallumer mon portable, histoire de rassurer les uns (qui finalement avaient appris la nouvelle par ton papa qui avait posté la nouvelle sur son forum et envoyé un mail) et de prévenir les autres. J'ai envoyé un MMS avec la toute première photo de toi à la plupart de mes contacts, te présentant ainsi :
Eh oui, notre petite Lilith, 47 cm et 2,810 kg, après bien des efforts et sans péridurale, est arrivée sur cette terre le 7 mars 2008, jour de nouvelle lune et de Sainte Félicité, à 19h17.
On me laisse dîner, et on me demande de sonner ensuite pour te remettre au sein. On me fait mettre sur le côté, couchée, pour que je puisse me reposer en même temps. Cette fois, tu acceptes de téter; et tu fais déjà ça très bien ! Deux personnes sont repassées ensuite pour le changement de sein, et étaient surprises de me voir réveillée, eh oui, malgré toutes ces heures sans dormir, il m'était difficile de me reposer avec l'excitation de ta naissance... On a passé la nuit en peau à peau, pour que tu te réchauffes et que tu têtes... Les nuits suivantes ont été avares en sommeil aussi, et encore jusqu'à présent (le 29 avril... Eh oui, j'ai mis longtemps à écrire ce texte, depuis les deux pages écrites à la maternité, je n'y ai presque plus touché, tu me prends tellement de temps !), je dors peu, mais j'arrive à ne plus être trop fatiguée, on se fait à ce rythme, et puis, c'est pour toi... Mon amour pour toi croît de jour en jour, plus ça va et plus je me dis que je peux tout te pardonner, tu me fais complètement craquer, mon coeur. Ta petite main qui malaxe mon sein pendant les nombreuses tétées, ou bien qui s'accroche à un bout de vêtement au cas où quelqu'un ait la curieuse idée de te déloger, tes yeux clos, ton visage serein quand tu t'endors au sein ou dans l'écharpe, tes sourires de plus en plus nombreux, ton visage si expressif et si beau, tes gazouillis me font fondre. Ma vie a basculé le 7 mars à 19h17, je connaissais le grand amour grâce à ton papa, me voilà à présent « victime » de l'amour inconditionnel d'une mère pour son enfant.
Merci à toi de t'être imposée à nous et merci à ton papa pour m'avoir donné le plus beau des présents...
Anecdote rigolote : pendant le week-end, j'ai vu la même sage-femme de garde, très sympa, et la même puéricultrice, sympa aussi. Et le lundi, j'ai vu un personnel différent. Et surtout, quelle ne fut pas ma surprise de voir entrer dans ma chambre, le lundi matin, cette personne si antipathique qui m'avait tant déplu aux pires moments du travail. Elle s'est présentée, Nadine, sage-femme de garde, on s'est vu le jour de l'accouchement. Je lui dis que je m'en souviens. Elle m'examine et commence à me parler de ma sage-femme, Paloma et des conditions dans lesquelles je suis arrivée à l'hôpital de Nanterre. Je comprends vite que c'est à cause de ça qu'elle m'a parlé si sèchement trois jours auparavant. Elle me dit que ce n'est pas ma faute mais qu'ils ont trouvé ça cavalier de la part de Paloma. J'essaie de lui expliquer, mais bon, c'est peine perdue, elle a manifestement une dent contre Paloma, je soupçonne que ça ne date pas d'hier. J'en parlerai à Paloma quelques jours plus tard, elle voit très bien de qui il s'agit, apparemment, Nadine est jalouse d'elle et de sa façon de faire son métier depuis très longtemps. Avec le recul, cette histoire me fait sourire, à sa façon, Nadine restera dans ma mémoire comme la seule personne que j'ai réellement détesté le jour de ta naissance !
Autre anecdote : le lendemain de ta naissance, le soir, alors que ton papa était encore là, quelqu'un a frappé à la porte. C'était Juliette. Elle était partie sans nous dire au revoir après l'accouchement, vu que c'était la fin de sa garde, et elle a repensé à nous par la suite. Embêtée de nous avoir oubliés, elle est donc venue nous voir ce soir-là, encore une preuve que cette fille est vraiment chouette et passionnée par son métier. On a un peu discuté, je lui ai parlé de la conversation que j'avais eue avec Nathalie au sujet de la nourriture et des boissons, et elle m'a dit qu'en effet, elle n'avait pas le pouvoir de me laisser boire ou manger, mais qu'elle-même n'approuve pas l'interdiction, d'ailleurs, elle travaille dans deux endroits, et dans l'autre, ils sont beaucoup plus souples là-dessus, semble-t-il... Elle n'est pas restée longtemps, mais sa visite m'a fait très plaisir. Je l'ai remerciée pour tout, par contre, je n'ai pas pensé à prendre une photo d'elle avec toi dans les bras, c'est bien dommage...
16:57 Publié dans Accouchement | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lilith, bébé, naissance, accouchement, long, naturel, bonheur
15.03.2008
Lilith, princesse de la lune noire, est née!
Une note rapide pour vous annoncer que Lilith est bien arrivée sur cette terre le 7 mars 2008 à 19h17. C'est une très jolie crevette de 47 cm pour 2,810 kg. Tu n'aurais pas pu trouver meilleure date: le chiffre 7 est censé être magique et porter bonheur, le 7 mars, on fête la Sainte Félicité, et ce jour-là était jour de lune noire. Or, ton prénom est aussi un nom donné à cette nouvelle lune... Nous ne l'avons pas fait exprès, ce prénom était prioritaire depuis longtemps (en balance avec un autre, solaire, celui-là, que tu portes en deuxième prénom : Maïa),le hasard fait parfois bien les choses. Retour sur une naissance assez chaotique et un accouchement assez éloigné de ce qui était prévu bientôt. Quelques photos de ma lilipuce en attendant, et toujours le lien sur les vidéos ici.
01:28 Publié dans Accouchement | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : accouchement, naissance, bébé, lilith, lune noire





